Halle d'engraissement pointée du doigt

« Que vous faut-il comme preuves ? » C’est avec ses mots que le collectif Non à la halle d’engraissement ...
Halle d'engraissement pointée du doigt

Le futur projet de halle aux taureaux dans le Val-de-Ruz fait des mécontents. Le groupe qui milite contre sa création est allé faire entendre sa voix lors de la session du Grand Conseil

Le collectif Non à la halle d'engraissement de Coffrane a fait part de ses revendications au Château de Neuchâtel Le collectif Non à la halle d'engraissement de Coffrane a fait part de ses revendications au Château de Neuchâtel.

« Que vous faut-il comme preuves ? »

C’est avec ses mots que le collectif Non à la halle d’engraissement a accueilli les députés mercredi matin dans la cour du Château de Neuchâtel. Ce groupe de citoyens issus principalement du Val-de-Ruz s’oppose fermement à la création d’une halle d’engraissement de taureaux à Coffrane. Cette dernière prévoit un élevage de plus de 600 bêtes.

 

Au-dessus d'une décharge

Pour le collectif, cette halle est un désastre sur le plan alimentaire, sanitaire et écologique. Selon les arguments avancés par les opposants, la viande produite par ces établissements serait de piètre qualité car les animaux sont enfermés et traités aux antibiotiques. Les citoyens s’émeuvent en outre de la future consommation en eau de l’installation. Ils craignent des reports de charge sur le village de Coffrane et donc sur la commune de Val-de-Ruz.

En outre, le collectif affirme que l'emplacement choisi est situé au-dessus d'une ancienne décharge publique. Les risques seraient grands de voir les bêtes  rentrer en contact avec des eaux polluées.

Le projet n'a toutefois pas été jugé non conforme par l'Office fédéral de l'environnement.

 

Le Conseil d'Etat s'étonne

Interrogé sur cette question par le groupe Vert ‘libéral, le Conseil d’État a botté en touche. Selon l’exécutif, les allégations  du collectif n'ont pas de bases légales. Il avance aussi que les règlements cantonaux ont déjà poussé les promoteurs à redimensionner leur installation et à l’améliorer, que cela soit pour le bétail - le projet a été réduit de 1000 à 600 bêtes - ou en termes d’impact écologique.

Selon le ministre en charge de l'aménagement du territoire, Laurent Favre, il est d’ailleurs étonnant qu’aucune opposition de citoyens n’ait abouti devant les tribunaux et qu’un projet privé, qui a reçu toutes les autorisations nécessaires à sa création se retrouve au centre du débat au Grand Conseil. Selon lui, il s’agit plus d’une manœuvre politique avant les élections.

Enfin, le Conseil d’État a fait part de la situation actuelle du marché de la viande qui est très compétitif et que la concurrence des pays voisin, au niveau du prix et de la production, est un manque à gagner pour la région. Il faut donc positionner la production agricole cantonale pour faire face au marché européen.

 

Marche arrière?

En conclusion, le collectif Non à la halle d'engraissement regrette la décision du Conseil d’État et de la Chambre neuchâteloise d’agriculture et de viticulture qui encouragent vivement ce projet. Il espère que le Canton fera marche arrière et reconsidérera les impacts de l'installation, même si toutes les autorisations  pour son édification ont été délivrées.  /jha

 


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