Zelensky aux Etats-Unis avec l'espoir de débloquer des fonds

C'est l'appel de la dernière chance: le président ukrainien Volodymyr Zelensky est lundi à ...
Zelensky aux Etats-Unis avec l'espoir de débloquer des fonds

Zelensky aux Etats-Unis avec l'espoir de débloquer des fonds

Photo: KEYSTONE/EPA/VALDA KALNINÇ

C'est l'appel de la dernière chance: le président ukrainien Volodymyr Zelensky est lundi à Washington où il espère obtenir le déblocage pour son pays en guerre d'une enveloppe capitale, mais très débattue au Congrès américain.

Les Etats-Unis sont le plus important soutien militaire à Kiev, mais la promesse du président démocrate Joe Biden de continuer à appuyer financièrement l'Ukraine est sérieusement mise en péril.

Le Congrès américain a échoué la semaine dernière à voter un volet de plus de 61 milliards de dollars pour ce pays en guerre.

Volodymyr Zelensky espère avec sa visite accentuer la pression sur l'allié américain.

Tout retard dans l'aide à l'Ukraine est un 'rêve devenu réalité' pour le président russe Vladimir Poutine, a-t-il affirmé, lors d'un discours depuis la capitale américaine.

Le dirigeant était vêtu d'un pull kaki, floqué du message: 'Je suis Ukrainien'.

'L'engagement de l'Amérique à soutenir l'Ukraine contre l'agression russe est inébranlable', a tenté de rassurer le ministre américain de la Défense Lloyd Austin, présent à ses côtés.

Le président ukrainien s'est ensuite rendu au Fonds monétaire international (FMI) pour rencontrer sa directrice Kristalina Georgieva. L'institution a dans la foulée annoncé le versement à l'Ukraine de 900 millions de dollars, dans le cadre d'un plan d'aide annoncé en mars.

Mardi au Congrès

Mais mardi sera sans aucun doute la journée la plus cruciale de son déplacement.

En début de matinée, Volodymyr Zelensky se rendra au Congrès américain, qui a engagé plus de 110 milliards de dollars depuis l'invasion russe en février 2022, mais n'a pas voté de nouvelle enveloppe depuis décembre dernier.

Il sera reçu à 09h00 (15h00 suisses) par les chefs du Sénat, le démocrate Chuck Schumer et le républicain Mitch McConnell, deux partisans de l'aide à l'Ukraine.

Après un discours devant l'ensemble des sénateurs, il rencontrera le président de l'autre chambre de cette puissante institution, le speaker républicain Mike Johnson.

Ce dernier se dit sur le principe ouvert au déblocage de nouveaux fonds pour Kiev, mais doit composer avec la frange la plus trumpiste de son parti, qui a d'ores et déjà fait savoir qu'elle ne validerait plus un seul centime pour Kiev.

'Je continuerai à voter CONTRE l'envoi de l'argent des contribuables à des oligarques corrompus en Ukraine', a affirmé l'élue Mary Miller sur la plateforme X (anciennement Twitter) lundi.

Tout le défi est donc de convaincre suffisamment de conservateurs modérés de soutenir une nouvelle enveloppe. Ces élus exigent en retour des changements majeurs dans la politique migratoire des Etats-Unis.

Rencontre avec Biden

Le président Joe Biden s'est dit prêt à des 'compromis importants' sur ce point, mais les négociations patinent pour le moment.

Après ses échanges au Congrès, Volodymyr Zelensky se rendra justement à la Maison Blanche où il échangera avec son homologue américain.

'Les deux dirigeants discuteront des besoins urgents de l'Ukraine et de l'importance vitale du soutien continu des Etats-Unis en ce moment critique', a affirmé la porte-parole de Joe Biden, Karine Jean-Pierre.

Conscient que le sentiment d'urgence s'est bien émoussé à Washington depuis le début de la guerre, le président Biden avait demandé au Congrès de coupler sa demande d'aide pour l'Ukraine à une pour Israël, un allié des Etats-Unis en guerre contre le Hamas, d'environ 14 milliards.

Mais l'ambiance a bien changé depuis la première visite de M. Zelensky dans la capitale américaine en décembre 2022, reçu en grande pompe dans la capitale et ovationné au Congrès.

Anticipant le risque de lassitude du grand allié américain, le président ukrainien s'était déjà rendu à Washington en septembre.

Mais sa visite n'avait pas eu l'effet escompté: embourbé dans une série de crises internes qui ont mené à la destitution du précédent speaker, le Congrès n'avait finalement pas validé de nouveaux fonds pour son offensive.

/ATS
 

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