Washington presse les Européens de rapatrier leurs djihadistes

Les Etats-Unis ont de nouveau appelé jeudi les pays européens à rapatrier leurs djihadistes ...
Washington presse les Européens de rapatrier leurs djihadistes

Washington presse les Européens de rapatrier leurs djihadistes

Photo: KEYSTONE/AP/MAYA ALLERUZZO

Les Etats-Unis ont de nouveau appelé jeudi les pays européens à rapatrier leurs djihadistes parqués en Syrie. Ceux-ci sont pour l'heure détenus par les Forces démocratiques syriennes (FDS), l'alliance arabo-kurde qui, soutenue par Washington, a lutté contre l'EI.

Les FDS détiennent plus de 10'000 djihadistes dont 8000 venus d'Irak et de Syrie et 2000 étrangers venus de plus de 50 pays, y compris plusieurs centaines d'Européens, a indiqué le représentant spécial américain pour la Syrie James Jeffrey, au cours d'une conférence de presse. A ces djihadistes s'ajoutent 70'000 femmes et enfants des djihadistes, dont 10'000 associés aux 2000 étrangers, a-t-il précisé.

Ces djihadistes n'ont pas renoncé à leur idéologie et 'nous avons tous pour obligation de les empêcher de revenir sur le champ de bataille', a rappelé le coordinateur du contreterrorisme au département d'Etat américain, Nathan Sales. 'La manière la plus efficace pour cela, c'est que leur pays d'origine rapatrie ses citoyens et les juge pour les crimes qu'ils ont commis'.

M. Sales a révélé que les Etats-Unis avaient déjà rapatrié et inculpé cinq djihadistes - quatre hommes et une femme -, dont l'un a déjà été condamné. 'Nous voudrions voir plus de pays d'Europe occidentale en faire de même', a-t-il ajouté. 'Personne ne devrait s'attendre à ce que les Etats-Unis règlent le problème pour eux'.

'Assumer leur responsabilité'

La justice américaine a simultanément annoncé le rapatriement d'un djihadiste américain de 23 ans, Omer Kuzu, originaire de Dallas, au Texas. 'Les Etats-Unis continuent de montrer qu'ils sont déterminés à faire répondre de leurs actes ceux qui ont quitté le pays pour rejoindre et soutenir l'EI', a commenté le ministre adjoint de la justice chargé des affaires de sécurité nationale, John Demers.

'Nous espérons que les autres pays, y compris nos alliés et partenaires européens, assumeront eux aussi la responsabilité de leurs propres citoyens qui ont rejoint l'EI', a-t-il ajouté.

Les Européens rechignent à rapatrier les djihadistes de l'EI, dans un contexte de forte hostilité de l'opinion. Ils craignent une radicalisation encore plus importante au sein de leurs prisons.

Troupes au sol

M. Jeffrey a par ailleurs indiqué que les négociations se poursuivaient avec les alliés pour renforcer les troupes au sol dans le nord de la Syrie, évaluant à environ 15'000 le nombre de jihadistes de l'EI encore actifs sur un territoire à cheval entre la Syrie et l'Irak.

'Ce que nous attendons de nos partenaires de la coalition, c'est qu'ils augmentent leur contribution en termes de troupes au sol pour poursuivre la formation, l'équipement et l'accompagnement des forces locales', a-t-il dit. 'Nous n'avons pas encore achevé nos discussions avec ces pays mais nous sommes plutôt optimistes'.

Le gouvernement allemand a rejeté le mois dernier une demande américaine d'envoi de troupes au sol dans le nord de la Syrie, un sujet qui provoque des dissensions au sein de la coalition d'Angela Merkel.

Quelques centaines d'Américains

Le président Donald Trump a annoncé fin 2018 le retrait de la plus grande partie des quelque 2000 soldats américains du nord-est de la Syrie, en proclamant une victoire totale contre l'organisation djihadiste EI.

Depuis, il s'est laissé convaincre de ralentir le retrait et de laisser dans cette zone non contrôlée par le régime syrien, quelques centaines d'Américains qu'il souhaite voir épaulés par des militaires alliés.

/ATS
 

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