Un million de déplacés dans les camps du Kerala sous les eaux en Inde

Plus d'un million de personnes sont actuellement hébergées dans des camps mis en place pour ...
Un million de déplacés dans les camps du Kerala sous les eaux en Inde

Un million de déplacés dans les camps du Kerala sous les eaux en Inde

Photo: Keystone/AP/AIJAZ RAHI

Plus d'un million de personnes sont actuellement hébergées dans des camps mis en place pour les déplacés au Kerala, ont annoncé mardi les autorités de cet Etat du sud de l'Inde. La région a été frappée par une mousson très violente qui a fait plus de 410 morts.

La baisse progressive du niveau des eaux après les inondations, rendue possible par l'affaiblissement des précipitations ces derniers jours, met en évidence l'ampleur des destructions dans cette région luxuriante prisée des touristes en saison sèche.

'Le nombre de personnes dans les camps humanitaires est maintenant de 1'028'000', réparties entre plus de 3000 lieux d'accueil improvisés, selon Subhash T.V., porte-parole du gouvernement communiste local. Les secouristes ont découvert lundi six nouveaux corps, portant le bilan à plus de 410 morts depuis le début au mois de juin de la mousson, l'une des plus violentes en un siècle.

À travers le Kerala, les largages de provisions et médicaments aux zones sinistrées se poursuivaient à l'aide d'hélicoptères et même de drones. Les pluies ont détruit ou endommagé plus de 10'000 kilomètres de routes, selon les autorités locales. Les précipitations auraient aussi causé la destruction de 50'000 habitations, a expliqué Shashi Tharoor, un député du Kerala et ancien haut responsable de l'ONU.

Responsabilité humaine?

Pour plusieurs spécialistes de l'environnement, cette catastrophe était prévisible dans cette région à l'écosystème particulièrement riche et fragile. D'après eux, l'extension de la présence humaine (urbanisation, mines, industries, etc) a engendré la disparition de lacs et zones humides, capables d'absorber l'excès d'eau de la mousson.

'Modifier l'organisation de l'usage de la terre est difficile dans tout pays en raison des droits de propriété privée et des importantes sommes d'argent en jeu', analyse Muralee Thummarukudy, responsable de réduction des risques de catastrophe aux Nations unies. Pour l'écologiste Madhav Gadgil, qui avait suggéré en 2011 une interdiction des activités minières et industrielles au Kerala, l'action de l'homme a joué un rôle-clé dans ce désastre.

'Malheureusement, nos gouvernements d'Etats sont en collusion avec des intérêts privés qui ne veulent pas que les lois environnementales soient appliqués', a-t-il estimé.

'Furie de la nature'

Des critiques nuancées par le département de l'environnement et du changement climatique du Kerala: 'Nous avons débuté une restauration écologique des zones humides et avons aussi interdit le plastique', a indiqué à l'AFP une responsable qui n'a pas souhaitée être nommée pour des raisons professionnelles. 'Nous faisons de notre mieux. C'est la furie de la nature, vous ne pouvez blâmer personne'.

Le coût des inondations est évalué à trois milliards de dollars par les autorités locales, un montant appelé à s'alourdir à mesure que la décrue mettra à jour l'ampleur des dévastations. Face à cette situation, le gouvernement indien a décrété 'l'état de catastrophe naturelle'.

Le sort du Kerala a suscité l'émotion aussi bien en Inde qu'à l'international. Des centaines de millions d'euros de donations ont été promis pour financer sa reconstruction.

Caritas Suisse a par exemple versé une contribution de 500'000 francs et apporte une aide d'urgence sur place, a annoncé mardi l'ONG dans un communiqué. Outre la distribution de nourriture et d'eau potable, l'accent est mis sur les mesures visant à améliorer l'hygiène. La Chaîne du Bonheur a également lancé un appel aux dons.

/ATS
 

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