Mugabe parti, Mnangagwa devient le président du Zimbabwe

Après 37 ans sous la coupe de l'autoritaire Robert Mugabe, le Zimbabwe met vendredi un point ...
Mugabe parti, Mnangagwa devient le président du Zimbabwe

Mugabe parti, Mnangagwa devient le président du Zimbabwe

Photo: KEYSTONE/AP/BEN CURTIS

Après 37 ans sous la coupe de l'autoritaire Robert Mugabe, le Zimbabwe met vendredi un point final à son règne avec l'investiture de son successeur, Emmerson Mnangagwa. Lui hérite d'un pays ruiné et d'une population avide de réformes.

Pour donner une onction populaire au nouveau président, arrivé au pouvoir grâce à un coup de force de l'armée, la cérémonie se veut grandiose. Le parti au pouvoir, la Zanu-PF, a convoqué dès 08h30 (07h30 en Suisse) les 'Zimbabwéens de tous bords' dans le plus grand stade de la capitale, Harare, le National Sports Stadium, d'une capacité de 60'000 places.

'Venez et soyez les témoins de l'Histoire en marche, nos premiers pas dans une nouvelle ère et un pays meilleur conduit par notre camarade adoré ED Mnangagwa', ont proclamé les organisateurs sur des affiches placardées à Harare. L'armée, qui a toujours veillé à ne pas passer pour putschiste, a elle aussi prédit un 'rassemblement massif'.

Les médias d'Etat ont laissé entendre que Robert Mugabe, qui n'a pas été vu publiquement depuis dimanche, pourrait assister à la cérémonie et être salué par une haie d'honneur.

Prince Charles absent

En 1980, c'est un autre stade de la capitale qui avait accueilli la cérémonie d'indépendance du Zimbabwe, en présence bien sûr de Robert Mugabe, mais aussi du chanteur Bob Marley, du Prince Charles et d'une dizaine de chefs d'Etat.

Cette fois, aucun membre de la famille royale n'a prévu le déplacement. L'ancienne puissance coloniale sera représentée par son secrétaire d'Etat chargé du Développement, Rory Stewart.

Même le président sud-africain, Jacob Zuma, a décliné l'invitation du pays voisin, au motif qu'il reçoit au même moment son homologue angolais Joao Lourenco. A la place, il a dépêché son ministre des Communications.

Vers une ouverture?

Le profil d'Emmerson Mnangagwa tempère toutefois les enthousiasmes. Agé de 75 ans, fidèle parmi les fidèles du régime, il a longtemps exécuté sans sourciller la politique répressive de l'ancien président. 'Des dizaines de milliers de personnes ont été torturées, ont disparu ou ont été tuées' sous l'ère Mugabe, selon Amnesty International.

Soucieux de rassurer, celui que les Zimbabwéens surnomment 'le crocodile' a pour l'instant montré un visage souriant, promettant d'être le 'serviteur du peuple'. Jeudi soir, il a 'imploré les Zimbabwéens de rester patients et de se garder de toute vengeance'.

Va-t-il, pour donner des gages de sa bonne volonté, ouvrir son gouvernement à l'opposition ? La question reste ouverte. Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a affiché sa préférence pour la mise en place d'un gouvernement d'union nationale jusqu'aux élections prévues en 2018, mais a assuré qu'aucune discussion n'était engagée.

/ATS
 

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