Madrid fustige Rome et propose d'accueillir l'Open Arms

Le gouvernement espagnol a proposé dimanche d'accueillir dans le port d'Algesiras le bateau ...
Madrid fustige Rome et propose d'accueillir l'Open Arms

Open Arms refuse de se rendre en Espagne, malgré l'offre de Madrid

Photo: KEYSTONE/EPA/EFE/FRANCISCO GENTICO

L'ONG Proactiva Open Arms a refusé dimanche l'offre de l'Espagne d'accueillir son bateau transportant une centaine de migrants en Méditerranée. Elle a jugé 'absolument irréalisable' de rallier le port proposé à cause de l''urgence humanitaire'.

Le gouvernement espagnol avait proposé plus tôt dans la journée d'accueillir dans le port d'Algésiras (extrême sud) le navire de l'ONG, qui se trouve actuellement face à l'île italienne de Lampedusa. Cela en raison de 'la situation d'urgence' à bord et face à 'l'inconcevable décision des autorités italiennes de fermer tous leurs ports'.

Mais il est 'absolument irréalisable' pour le bateau, qui transporte 105 adultes et deux enfants dans des conditions 'intenables', d'aller jusqu'à Algésiras face à l''urgence humanitaire' après 17 jours de mer, selon Laura Lanuza, porte-parole de Proactiva Open Arms.

Contre-proposition

Face à ce refus, le gouvernement espagnol a fait dimanche soir une contre-proposition: il lui a proposé un débarquement dans 'le port espagnol le plus proche sur sa route vers (les) eaux territoriales' de l'Espagne. Il pourrait se trouver sur les îles Baléares, ont indiqué des sources proches du gouvernement. Elles ont ajouté n'avoir pas encore reçu de réponse de l'ONG.

Quel que soit le cas de figure, le bateau devrait naviguer encore plusieurs jours. L'ONG avait rejeté l'option Algésiras en expliquant qu'il lui faudrait cinq jours pour parcourir les presque 1000 miles nautiques jusqu'à ce port.

Nouvelle requête à Lampedusa

De son côté, Proactiva Open Arms a envoyé une nouvelle 'requête urgente' à Lampedusa pour pouvoir y débarquer les migrants, affirmant que leurs 'conditions psycho-physiques sont critiques'.

Le ministère espagnol des Affaires étrangères avait lancé aussi un appel 'aux autorités italiennes pour qu'elles autorisent le débarquement' des migrants. 'Le gouvernement italien peut être assuré que, dès que les migrants auront débarqué, ils seront immédiatement répartis' entre les pays qui ont proposé de les accueillir : France, Allemagne, Luxembourg, Portugal, Roumanie et Espagne, selon le texte.

En outre, le gouvernement espagnol a dit 'étudier la possibilité de se pourvoir devant l'Union européenne ou devant les institutions garantes du respect des droits humains et du droit maritime international' pour contester l'attitude de l'Italie.

Salvini parle de 'croisières touristiques'

Le ministre italien de l'Intérieur, le dirigeant d'extrême droite Matteo Salvini, a critiqué la réaction de l'ONG à l'offre espagnole. 'Incroyable et inacceptable. Ils organisent des croisières touristiques et ils décident où ils débarquent?' a-t-il lancé sur Twitter.

Matteo Salvini avait accepté samedi à contrecoeur de laisser débarquer 27 migrants mineurs non accompagnés. Mais il continue de refuser le débarquement en Italie du reste des passagers.

Dimanche, le fondateur de l'ONG, Oscar Camps, a mis l'accent sur le 'désespoir' des migrants: dans un tweet, il a posté une vidéo où il décrit un groupe de quatre passagers qui se jettent à l'eau pour tenter de rallier Lampedusa à la nage avant d'être ramenés sur le navire.

Crise politique

Cette énième confrontation entre un bateau de secours et le ministre de l'Intérieur italien s'est déroulée cette fois-ci en pleine crise politique à Rome.

M. Salvini a fait voler en éclats le 8 août la coalition gouvernementale constituée par sa formation politique, la Ligue, avec le Mouvement cinq étoiles (M5S, antisystème). Il a réclamé l'organisation rapide d'élections, alors qu'il est crédité de 36 à 38% des intentions de vote dans les sondages.

Mais un front politique semble en train de se former contre lui, par le biais inattendu d'une alliance entre son ex-partenaire du M5S et le Parti démocrate (centre-gauche).

La politique migratoire a pris une place centrale dans cette crise, dans l'attente d'un éventuel vote de censure contre le gouvernement au Sénat mardi.

/ATS
 

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