Le couple retrouvé dans un état critique en Angleterre exposé au Novichok

Le couple britannique retrouvé dans un état critique à Amesbury, non loin du lieu où l'ex-espion ...
Le couple retrouvé dans un état critique en Angleterre exposé au Novichok

Le couple retrouvé dans un état critique en Angleterre exposé au Novichok

Photo: KEYSTONE/EPA SOUTH WEST NEWS SERVICE/TONY KERSHAW / SWNS

Les deux Britanniques retrouvés dans un état critique ont été exposés à l'agent innervant Novichok, a annoncé mercredi soir Scotland Yard. En mars, un ex-espion russe vivant en Grande-Bretagne et sa fille avaient été empoisonnés avec la même substance neurotoxique.

'Ce soir nous avons reçu des résultats d'analyse du (centre de recherche militaire) de Porton Down, qui montrent que les deux personnes ont été exposées à l'agent innervant Novichok' dans le sud-ouest de l'Angleterre, a déclaré à la presse Neil Basu, chef du contre-terrorisme britannique.

Le couple, qui a été retrouvé à Amesbury, a été hospitalisé à l'hôpital de Salisbury, distant d'une dizaine de kilomètres. C'est dans cette dernière localité que Sergueï Skripal et sa fille Ioulia avaient été victimes d'une tentative d'empoisonnement à l'agent innervant le 4 mars. Tous deux ont finalement été tirés d'affaire après un lourd traitement médical.

Selon Neil Basu, il est difficile de dire à ce stade comment le couple britannique est entré en contact avec l'agent innervant. 'Rien n'indique que l'homme ou la femme se soient récemment rendus sur un des sites décontaminés après les tentatives de meurtre ayant visé l'ex-espion'. Il a aussi souligné qu'il n'y a jusqu'ici 'aucune preuve' suggérant qu'ils 'étaient visés d'une quelconque manière'.

Les lieux fréquentés par les deux victimes à Amesbury et Salisbury ont été bouclés par mesure de sécurité, a indiqué la police. Personne d'autre n'a eu besoin de soins.

Même lot?

'C'est le même agent innervant. Ce sera aux scientifiques de déterminer s'il vient du même lot', a-t-il ajouté. La possibilité que les deux enquêtes puissent être liées est évidemment pour nous une piste à suivre', a encore dit Neil Basu. Il a précisé que la police anti-terrorisme conduisait l'enquête, comme dans le cas des Skripal, et qu'une centaine d'agents y travaillaient.

Le couple a été découvert inconscient et pris en charge samedi par les services d'urgence à Amesbury. Paul Mills, de la police du Wiltshire, a précisé que les secours étaient intervenus une première fois samedi matin à la suite d'un malaise de la femme. Ils sont retournés au domicile dans la journée pour s'occuper de l'homme.

La police avait d'abord émis l'hypothèse d'un possible effet lié à l'absorption d'héroïne ou de crack, précisant que des tests complémentaires étaient toujours en cours. Selon l'agence de santé publique Public Health England (PHE), il n'y a pas de 'risque sanitaire significatif pour le grand public' mais elle conseille tout de même 'par précaution' aux personnes s'étant rendus aux mêmes endroits que les victimes entre vendredi à 21h00 GMT et samedi à 17h30 GMT de laver leurs vêtements.

La police a mis en place une assistance téléphonique. 'Nous ne pouvons pas sous-estimer l'impact qu'aura cette nouvelle choquante d'un deuxième incident majeur dans cette partie de notre pays dans un si bref laps de temps', a dit le chef de la police de Wiltshire, Kier Pritchard, dans un communiqué.

Crise diplomatique

Un porte-parole de la Première ministre Theresa May a annoncé que l'affaire était traitée 'avec le plus grand sérieux'. Le cabinet britannique se réunit en urgence jeudi. Il abordera cette nouvelle affaire. La réunion sera présidée par le ministre de l'Intérieur Sajid Javid.

Les autorités britanniques ont jugé 'hautement probable' que la Russie soit responsable de l'agression contre Sergueï Skripal et sa fille Ioulia. Ce qui a provoqué une crise diplomatique sans précédent depuis la fin de la Guerre froide.

Au total, plus de 100 diplomates russes ont été expulsés de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et d'autres pays occidentaux. Moscou, qui dément toute responsabilité dans l'agression, a répliqué par des expulsions croisées.

/ATS
 

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