La Colombie ordonne le retour des camions d'aide pour le Venezuela

Le gouvernement colombien a ordonné samedi le retour des camions d'aide destinée au Venezuela ...
La Colombie ordonne le retour des camions d'aide pour le Venezuela

La pression monte contre Maduro après une journée de violences

Photo: KEYSTONE/EPA EFE/ERNESTO GUZMAN JR.

La pression internationale est montée d'un cran samedi contre le régime du président vénézuélien Nicolás Maduro, après une journée de violences samedi aux frontières du pays. Les Etats-Unis ont annoncé vouloir 'passer aux actes' pour soutenir l'opposant Juan Guaido.

'Maintenant, le temps est venu d'agir pour soutenir les besoins du peuple vénézuélien désespéré', a tweeté le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo. Il a qualifié de 'brutes' les forces vénézuéliennes qui ont durement réprimé des manifestations, faisant deux morts, selon une ONG, et plus de 300 blessés, dont des Colombiens, selon le gouvernement de Bogota et différentes sources.

Les troubles ont éclaté aux frontières avec la Colombie et le Brésil, où les manifestants exigeaient l'entrée dans le pays de convois d'aide humanitaire. Plusieurs postes-frontières sont bloqués par l'armée fidèle à M. Maduro, lequel refuse l'aide en dénonçant une tentative déguisée d'intervention américaine.

Les camions font demi-tour

'Ils ont tiré des gaz lacrymogènes, beaucoup. On ne pouvait pas résister. On perdait des forces. Alors que l'on essayait de retrouver notre souffle, ils nous ont tiré dessus', a raconté à l'AFP un militant blessé au cours d'affrontements sur le pont Francisco de Paula Santander, reliant la ville vénézuélienne d'Ureña à la ville colombienne de Cucuta et bloqué par la garde nationale bolivarienne.

Deux camions et leur cargaison de médicaments ont été incendiés peu après être entrés au Venezuela depuis la Colombie, selon les autorités colombiennes, qui ont alors ordonné le retour des autres véhicules.

Des journalistes de l'AFP dans la ville frontalière de Pacaraima, au nord du Brésil, ont également vu deux camions chargés d'aide envoyés par le Brésil rebrousser chemin.

M. 'Guaido nous a donné l'ordre de préserver les produits. Nous voulons passer de manière pacifique', a expliqué par mégaphone un responsable des opérations. 'Notre bien le plus précieux, c'est notre vie, nous ne voulons pas nous faire massacrer'.

Jour J pour l'aide

Au moins deux personnes, dont un garçon de 14 ans, ont été tués par balle dans des heurts à la frontière entre le Brésil et le Venezuela, selon l'ONG Foro Penal, qui a accusé les militaires vénézuéliens d'avoir ouvert le feu sur la foule.

Un bateau parti de Porto Rico avec de l'aide a par ailleurs rebroussé chemin après avoir 'reçu des menaces directes de tir' de marine vénézuélienne, a affirmé le gouverneur de l'île américaine, Ricardo Rosello.

L'opposant Juan Guaido, 35 ans, reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, avait fixé la journée de samedi comme date-butoir pour la livraison de l'aide humanitaire stockée aux portes du pays.

M. Guaido était passé vendredi en Colombie malgré une interdiction de sortie du Venezuela. Il a assuré que l'armée, pilier du régime chaviste, avait 'participé' à sa sortie du pays.

'Envisager toutes les possibilités'

Depuis la ville colombienne de Cucuta, proche de la frontière, il a appelé samedi la communauté internationale à 'envisager toutes les éventualités' face à M. Maduro. Il a annoncé qu'il participerait lundi à Bogota à une réunion du groupe de Lima sur la crise au Venezuela, qui compte quatorze pays d'Amérique, majoritairement hostiles à Nicolás Maduro.

Le gouvernement colombien, soutien affiché de M. Guaido, a dénoncé des 'violations des droits de l'homme'. 'Cette action pacifique et de caractère humanitaire a été interrompue depuis le Venezuela sous le régime usurpateur de M. Maduro avec une répression violente et disproportionnée', a dénoncé le ministre colombien des affaires étrangères, Carlos Holmes Trujillo.

Selon les autorités colombiennes, au moins 60 militaires vénézuéliens désarmés, dont plusieurs officiers, ont déserté samedi. Ils sont passés en territoire colombien, où ils ont demandé l'asile.

Alors que les affrontements éclataient aux frontières, deux marches concurrentes se tenaient à Caracas, l'une en blanc, en soutien à M. Guaido et l'autre, en rouge, pour M. Maduro.

/ATS
 

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