L'Amazonie, une des clés de la stabilité climatique

La forêt d'Amazonie, en proie à de multiples incendies, joue un rôle essentiel dans la régulation ...
L'Amazonie, une des clés de la stabilité climatique

L'Amazonie, une des clés de la stabilité climatique

Photo: KEYSTONE/AP/MARIO LOBAO

La forêt d'Amazonie, en proie à de multiples incendies, joue un rôle essentiel dans la régulation des climats régionaux et mondiaux. Sa destruction, même partielle, ne serait pas sans conséquence sur les températures et la biodiversité.

Le bassin amazonien abrite la plus grande forêt tropicale du monde, couvrant plus de cinq millions de kilomètres carrés. Mais environ 20% a disparu au cours du dernier demi-siècle.

L'Amazonie, dont 60% de la surface se trouve au Brésil, s'étend aussi en Bolivie, Colombie, Equateur, Guyane française, Guyana, au Pérou, au Suriname et au Venezuela. Mardi face à l'ampleur des dégâts, le Pérou et la Colombie ont proposé aux pays de la région amazonienne une réunion d'urgence le 6 septembre afin de coordonner les mesures en faveur de la défense de la zone.

En 2017, sur les quelque 160'000 km2 de forêts tropicales perdus, 35% se trouvaient en Amazonie et plus d'un quart au Brésil. 'Les forêts tropicales du monde sont en état d'urgence', déclarait récemment à l'AFP Frances Seymour, du World Resources Institute. 'La santé de la planète est en jeu. Avec chaque hectare perdu, nous nous rapprochons du scénario effrayant d'un changement climatique galopant.'

Les ravages du feu

Quelque 150'000 incendies ont déjà ravagé l'Amazonie brésilienne cette année. C'est beaucoup mais c'est moins qu'en 2016. Entre 2002 et 2010, le nombre d'incendies en août a dépassé cinq fois les 200'000.

Mais la 'saison des feux' n'atteint généralement son apogée qu'en septembre. 'Il semble qu'un grand nombre d'incendies en Amazonie se produisent sur des terres qui ont déjà été déboisées', notaient cette semaine Mikaela Weisse et Sarah Ruiz de Global Forest Watch, basé à Washington DC.

En Amazonie, quand une forêt est défrichée, les troncs sont emportés mais le reste de la végétation est brûlé sur place pendant la saison sèche, qui dure de juillet à novembre. Pour les terres agricoles, ou des prairies, la végétation et les mauvaises herbes sont également entassées, en attendant la saison sèche. C'est ce qui brûle en ce moment, expliquent les experts.

Puits de CO2

Les forêts du monde - et en particulier celles des tropiques - absorbent 25 à 30% du dioxyde de carbone que l'humanité rejette dans l'atmosphère (les océans en absorbent 20 % de plus). Sans ces 'puits' de CO2, la température à la surface de la Terre serait déjà beaucoup plus élevée et le risque d'un réchauffement planétaire rapide supérieur.

Par ailleurs lorsque la forêt est brûlée - généralement pour permettre la production de soja, d'huile de palme, de biocarburants ou l'élevage bovin - une partie du carbone qu'elle renferme est subitement libérée dans l'atmosphère et accélère le réchauffement planétaire.

Vents, pluie et idée fausse

En plus de capter et de stocker le carbone, les forêts influent également sur la vitesse du vent, les régimes pluviométriques et la composition chimique de l'atmosphère.

L'Amazonie compte également un nombre impressionnant d'espèces : 40'000 plantes différentes, 3000 poissons d'eau douce, près de 1300 oiseaux, 370 reptiles. Elle est l'un des ultimes refuges du roi des forêts d'Amérique latine, le jaguar, mais aussi des dauphins roses, menacés d'extinction. Elle a encore bien des secrets à livrer puisque en 20 ans, 2200 nouvelles espèces de plantes et de vertébrés y ont été découvertes.

En revanche, il est inexact de dire que l'Amazonie est le 'poumon de la planète', comme l'a fait Emmanuel Macron dans un tweet jeudi. Le président français écrivait également que cette forêt 'produit 20% de notre oxygène'. Or, selon Jonathan Foley, directeur exécutif du projet Drawdown, ce serait plutôt de l'ordre 'de 6%, peut-être même moins'.

'Il y a de nombreuses raisons de s'inquiéter des récents pics de déforestation en Amazonie - le carbone, le climat, l'eau, la biodiversité et les populations', a expliqué Jonathan Foley, directeur exécutif du projet Drawdown. 'Mais l'oxygène, Dieu merci, n'est pas un problème dont nous devons nous inquiéter'.

/ATS
 

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