Italie: journée décisive pour former un nouveau gouvernement

L'Italie vit mercredi une journée décisive: soit le Mouvement 5 Etoiles et le Parti démocrate ...
Italie: journée décisive pour former un nouveau gouvernement

Journée décisive en Italie pour former un nouveau gouvernement

Photo: KEYSTONE/EPA ANSA/ETTORE FERRARI

L'Italie vit mercredi une journée décisive: soit le Mouvement 5 Etoiles et le Parti démocrate parviennent à s'unir au sein d'un nouveau gouvernement, soit le président annoncera la tenue d'élections.

Après des prises de bec et des rabibochages les jours précédents, deux délégations du M5S (anti-système) et du PD, première force de gauche, ont conclu au bout de sept heures des discussions difficiles autour d'un programme commun et la répartition des postes ministériels, entamées en début de matinée.

'Les urgences qu'affronte le pays imposent des délais resserrés. Nous avons conclu positivement' le travail sur un programme commun qui a pour 'nouveauté d'être un document unique des forces politiques' en présence, a indiqué l'un des participants, Andrea Marcucci, chef du groupe PD au Sénat, après la rencontre.

Le document doit encore être approuvé par la direction du PD tandis que les Cinq Etoiles ont annoncé vouloir soumettre l'accord à leur plateforme internet de 'démocratie directe' Rousseau, très contestée pour son manque de transparence et de représentativité (100'000 inscrits seulement pour plus de 10 millions d'électeurs aux législatives de 2018). Pour M. Marcucci, 'chacun a ses procédures' mais d'autres responsables du PD ont dénoncé 'un grave pied de nez aux institutions'.

Larges consultations

Le président Sergio Mattarella a poursuivi mercredi un deuxième round de consultations de la classe politique, pour étudier la possibilité d'une nouvelle majorité.

Cela fait trois semaines que la péninsule est plongée dans une crise politique, avec d'abord le dynamitage le 8 août par le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, chef de la Ligue et leader d'extrême droite, de la précédente coalition formée avec les Cinq Etoiles, puis la démission le 20 août du chef du gouvernement Giuseppe Conte.

L'idée d'une alliance entre le PD et le M5S a été lancée par l'ex-premier ministre Matteo Renzi (février 2013-décembre 2016) avec pour projets de base: la réduction du nombre de parlementaires et un budget 2020 capable d'éviter une hausse de la TVA prévue l'an prochain, très pénalisante pour les consommateurs.

Depuis, le programme s'est enrichi d'une quinzaine de propositions des deux camps qui convergent globalement sur une relance de la poussive croissance italienne avec une attention pour les plus faibles et l'environnement, et une cure d'amaigrissement du Parlement.

Des fauteuils très prisés

Les points d'achoppement résident plutôt dans l'attribution des fauteuils ministériels. Selon les médias, le PD, qui réunit son état-major mercredi, devrait lever officiellement son veto à une reconduction de M. Conte, auquel il était réticent à cause de son silence pendant 14 mois face aux diktats anti-migrants de Matteo Salvini. Le M5S a exercé une très forte pression sur le PD pour obtenir son maintien.

M. Conte, très populaire en Italie, a en outre été soutenu ces derniers jours, d'abord par les Européens au G7 de Biarritz (France) puis lundi par le président américain Donald Trump, qui l'a qualifié 'd'homme très doué'. Premier parti au Parlement depuis les législatives de 2018 (32% des suffrages), le M5S entend peser aussi sur la répartition des ministères.

Selon les médias, le PD, lui, aurait demandé de choisir un certain nombre de ministères, dont l'Economie et les Affaires étrangères. Une attitude qui a permis à M. Salvini de se moquer de tractations 'non pas sur des projets mais des fauteuils'. Si cette coalition aboutissait, ce serait en tout cas un cinglant revers pour l'ex-homme fort du gouvernement, qui escomptait un triomphe lors d'un scrutin anticipé.

Di Maio affaibli

Autre problème: le sort de M. Di Maio, complètement laminé médiatiquement par M. Salvini en 14 mois d'alliance, et très affaibli dans la crise actuelle.

Il voudrait rester vice-premier ministre mais le PD considère que, si M. Conte, proche du M5S, est Premier ministre, il ne peut y avoir qu'un seul numéro deux, issu du camp social-démocrate.

Si on ne lui présente pas un accord de 'majorité solide', le président Mattarella a déjà prévenu qu'il décidera d'un retour aux urnes. Une perspective qui l'inquiète car l'Italie, troisième puissance européenne, est très endettée et à l'arrêt, dans un contexte de ralentissement économique international, et de tensions commerciales.

/ATS
 

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