Cinq morts: les violences étatiques se poursuivent au Nicaragua

Au moins cinq personnes, dont un enfant de 15 mois, ont été tuées dans des opérations samedi ...
Cinq morts: les violences étatiques se poursuivent au Nicaragua

Les violences étatiques se poursuivent et font huit morts au Nicaragua

Photo: KEYSTONE/EPA EFE/JEFFREY ARGUEDAS

Au moins huit personnes, dont un enfant de 15 mois, ont été tuées dans des opérations samedi des forces de l'ordre et paramilitaires au Nicaragua. Un précédent bilan faisait état de cinq morts.

Sept personnes ont été tuées à Managua et une autre dans la ville rebelle de Masaya, au sud de la capitale, a indiqué le Centre nicaraguayen des droits de l'Homme (CENIDH).

Le CENIDH a précisé que deux des morts avaient été tués dans la zone de l'université UNAN. Quinze étudiants ont été blessés. Plusieurs autres décès, y compris l'enfant mortellement touché par une balle perdue, ont été recensés dans d'autres quartiers. Dans un communiqué, la police a imputé la responsabilité de ce décès aux 'délinquants' qui occupent les quartiers.

'Ils tirent pour tuer'

Dans la nuit de vendredi à samedi, et huit heures durant, les forces de l'ordre et groupes paramilitaires ont lancé une attaque contre des étudiants retranchés dans les locaux de l'Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN), au sud-ouest de Managua, ainsi que dans six quartiers de l'est de la capitale, selon le témoignage d'étudiants, confirmé par des défenseurs des droits de l'Homme.

'Ils nous attaquent depuis une heure du matin. (...) Il y a aussi des francs-tireurs, nous sommes sur les barricades', a témoigné un jeune, le visage masqué par un foulard, dans une transmission en direct sur Facebook. 'Ils tirent pour tuer. Ils sont en train de massacrer le peuple, les jeunes. Nous sommes assiégés. C'est une guerre inégale.'

Un autre jeune évoque le survol du campus universitaire par 'quatre drones'. Pendant ces témoignages en direct sur les réseaux sociaux, des tirs se faisaient entendre. 'Nous ne nous rendrons pas', criaient des jeunes.

Appel à une grève

La Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), qui a oeuvré depuis le début de la crise pour maintenir un dialogue entre le gouvernement et ses opposants, a mobilisé une délégation de quatre prêtres pour évaluer la situation. 'Au nom de Dieu, nous demandons que cessent ces attaques, que cesse cette vague de violence, que cessent les morts', a déclaré le père Raul Zamora depuis l'université.

Le cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua et président de la CEN, a appelé le gouvernement et les groupes armés légaux et illégaux à ne plus ouvrir le feu. Personne ne doit 'pointer son arme pour enlever la vie à un frère'.

Une coalition de groupes d'opposition de la société civile, l'Alliance civique pour la Justice et la Démocratie, a annoncé suspendre une 'marche des fleurs' en mémoire des victimes de la répression, programmée dans l'après-midi de samedi dans la capitale. Ce groupe a toutefois appelé 'tous les secteurs de la société à observer une grève de 48 heures' dans les jours à venir. Une grève générale avait déjà paralysé le Nicaragua le 14 juin.

Déjà 212 morts

L'Eglise appelle le président Ortega à organiser des élections générales anticipées en mars 2019, au lieu de fin 2021. L'ex-guérillero de 72 ans, au pouvoir depuis 2007 après l'avoir déjà été de 1979 à 1990, reste muet sur ce point.

La vague de contestation lancée il y a deux mois pour exiger le départ du président Ortega et de sa femme Rosario Murillo, vice-présidente, a fait au moins 212 morts, a annoncé vendredi la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH).

/ATS
 

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