Près de 90 millions de réfugiés et déplacés font face à la menace de dégâts climatiques dévastateurs, selon l'ONU. Avant la COP31, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) a déploré vendredi à Genève que les financements n'atteignent pas les communautés très exposées.
Au total, trois quarts des déplacés forcés se trouvent dans des pays très ou extrêmement menacés par le changement climatique. Ils sont confrontés à des sécheresses importantes, des inondations meurtrières ou des vagues de chaleur.
"Les réfugiés font face à une double injustice", a estimé un responsable de l'agence onusienne. Après avoir fui les conflits, ils doivent subir des dommages à leur habitation ou d'autres conséquences.
Deux tiers des réfugiés qui sont rentrés dans leur pays durant les six premiers mois de cette année font également partie des personnes menacées. Quatre millions de Syriens sont notamment revenus récemment chez eux. Pour certains, ils ont été confrontés à de la sécheresse et des inondations. Autre problème, un tiers des sites d'accueil de réfugiés en Afrique subsaharienne pourrait subir au moins 100 jours de vagues de chaleur extrême par an d'ici 2050.
Depuis dix ans, les situations météorologiques extrêmes ont provoqué le déplacement de près de 256 millions de personnes, soit environ 70'000 par jour. Selon les estimations, les inondations liées au courant chaud El Niño pourraient aboutir à trois millions de déplacés supplémentaires dans l'est de l'Afrique d'ici la fin de l'année.
Or, les pays les plus vulnérables ne reçoivent qu'environ 10% du financement climatique mondial. Beaucoup d'entre eux sont des pays d'accueil de réfugiés. Le HCR demande de changer cette situation.
Notamment parce que les réfugiés et les communautés qui les accueillent alimentent déjà des innovations, comme celles avec des énergies renouvelables pour répondre aux défis climatiques. L'agence onusienne oeuvre elle avec les gouvernements, les acteurs du développement et le secteur privé pour les aider. A la COP31, elle souhaite que les Etats associent les réfugiés et les déplacés dans leurs plans nationaux, les mécanismes de financement et les investissements.
/ATS







