Charlottesville transformée en « vitrine historique » de la haine raciale aux USA

Des échauffourées ont éclaté samedi entre des centaines de militants antiracistes et de membres ...
Charlottesville transformée en « vitrine historique » de la haine raciale aux USA

Des échauffourées ont éclaté samedi entre des centaines de militants antiracistes et de membres de l'extrême droite américaine réunis à Charlottesville, en Virginie. L'état d'urgence a été déclaré et la police a interdit le rassemblement.

'Cet événement pourrait offrir une vitrine historique de haine, en rassemblant en un seul lieu un nombre d'extrémistes inédit depuis au moins une décennie', avait averti Oren Segal, directeur du Centre sur l'extrémisme de l'Anti-Defamation League (ADL), une association de lutte contre l'antisémitisme.

Bâtons, projectiles et armes à feu

Les violences ont commencé avant même le début du rassemblement. Elles ont éclaté au centre de la ville en fin de matinée entre des centaines de nationalistes portant des croix et des drapeaux confédérés et un nombre similaire de contre-manifestants. Des heurts avaient déjà eu lieu vendredi soir sur le campus de l'Université de Virginie à Charlottesville.

Dans un air chargé en gaz lacrymogène, manifestants de la droite radicale et contre-manifestants se sont affrontés à travers des rixes, des jets de projectiles, des échanges de coups de bâton, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Dans ce climat de haute tension, les craintes de débordements plus graves étaient avivées par la présence d'armes portées ouvertement par les manifestants, ainsi que le permet la loi dans l'Etat de Virginie.

Des membres de milices d'extrême droite s'étaient positionnés en tenue paramilitaire, fusil semi-automatique en bandoulière, non loin de forces de l'ordre très sollicitées.

'Vous ne nous éliminerez pas', ont scandé les nationalistes à leurs adversaires qui portaient des pancartes disant 'Nazi go home' ou 'Halte au suprémacisme blanc'.

Après la dispersion des manifestants, des policiers anti-émeutes ont entrepris de patrouiller les rues de la ville pour empêcher leur retour.

Trump condamne

Le président américain Donald Trump a réagi au rassemblement en affirmant sur Twitter: 'Nous devons TOUS nous unir et condamner tout ce qui représente la haine. Il n'y a pas de place en Amérique pour ce type de violences'.

Il s'exprimait après que le gouverneur démocrate de la Virginie, Terry McAuliffe, ait déclaré à la mi-journée l'état d'urgence, une mesure permettant de mobiliser davantage de moyens policiers.

Le gouverneur démocrate avait ajouté avoir donné comme instruction aux forces de l'ordre 'd'agir rapidement et de façon décisive' au cas où des débordements surviendraient.

La statue de la discorde

Les groupes de la droite radicale et identitaire américaine présents, dont le Ku Klux Klan et des néo-nazis, entendaient dénoncer de façon unitaire le projet de Charlottesville de déboulonner dans ce jardin municipal la statue d'un général sudiste favorable à l'esclavagisme.

Certains militants rassemblés, professant la suprématie de la race blanche, étant venus munis de drapeaux confédérés, un symbole considéré comme raciste par une bonne partie des Américains.

'Vitrine historique de haine'

Le 8 juillet dernier, quelques dizaines de membres du Ku Klux Klan s'étaient déjà rassemblés dans cette ville paisible et pittoresque, très largement surpassés en nombre par les manifestants antiracistes. Mais les images de ces extrémistes en robe traditionnelle avaient été diffusées dans le monde entier.

Cette fois-ci, la droite nationaliste espérait attirer nettement plus de partisans, grâce à la présence de différents responsables de la mouvance Alt-Right, qui avait soutenu Donald Trump pendant sa campagne. Les experts doutent toutefois d'un véritable rapprochement entre ces différents groupes très disparates.

/ATS
 

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