Attentat Manchester: 22 morts, kamikaze identifié, l'EI revendique

La Grande-Bretagne a été victime d'une attaque terroriste tard lundi soir, revendiquée mardi ...
Attentat Manchester: 22 morts, kamikaze identifié, l'EI revendique

Attentat Manchester: 22 morts, kamikaze identifié, l'EI revendique

Photo: Keystone

La Grande-Bretagne a été victime d'une attaque terroriste tard lundi soir, revendiquée mardi par le groupe Etat islamique (EI). L'attentat-suicide a visé un concert de la chanteuse pop Ariana Grande à Manchester. Le dernier bilan fait état de 22 morts.

C'est l'attaque terroriste la plus meurtrière sur le sol britannique depuis les attentats de Londres en juillet 2005, ayant fait 56 morts, dont les quatre kamikazes, et 700 blessés. Lundi soir, la puissante explosion a eu lieu vers 23h30 suisses à l'une des entrées de la Manchester Arena, une salle d'une capacité de 21'000 personnes, à la fin du concert de la chanteuse américaine de 23 ans.

Le groupe djihadiste EI a revendiqué l'attentat via l'un de ses canaux de communication sur les réseaux sociaux. Il a précisé que l'un 'des soldats du califat a placé des bombes dans la foule' lors du concert. L'EI menace également d'autres attaques.

La reine Elizabeth II a condamné un 'acte barbare' en exprimant sa 'plus profonde sympathie à tous ceux qui ont été affectés par ce terrible événement'. La campagne en vue des élections législatives du 8 juin a été suspendue jusqu'à nouvel ordre.

Theresa May: 'Epouvantable'

'Nous savons qu'un terroriste isolé a fait détoner un engin explosif à l'une des sorties de la salle, choisissant délibérément l'endroit et l'heure pour causer un maximum de victimes, dont de nombreux enfants et jeunes', a souligné la première ministre Theresa May, dénonçant 'une attaque terroriste épouvantable'.

En fin de journée, la police a annoncé avoir formellement identifié le kamikaze: 'Je peux confirmer que l'homme soupçonné d'avoir commis l'atrocité de la nuit dernière a été identifié sous le nom de Salman Abedi', âgé de 22 ans, a affirmé le commissaire de police Ian Hopkins lors d'une déclaration à la presse. Selon plusieurs médias britanniques, M. Abedi est un Britannique né à Manchester de parents libyens ayant fui le régime de Kadhafi.

'Notre priorité reste d'établir s'il a agi seul ou au sein d'un réseau', a ajouté le commissaire de police. Un peu plus tôt, la police avait annoncé l'arrestation au sud de Manchester d'un homme de 23 ans en lien avec l'attentat, sans donner plus de précisions.

Parents désespérés

Des milliers d'enfants et d'adolescents assistaient au concert et ont fui les lieux, paniqués, après l'explosion. D'après la police des transports, le kamikaze a activé sa charge au niveau des accès reliant la salle de concert au réseau de transports en commun de Manchester. Selon une source proche de l'enquête, des pièces métalliques et des boulons avaient été ajoutés à la charge pour amplifier les effets de l'explosion.

Trois des victimes ont été identifiées, dont une fillette de huit ans. Le bilan était susceptible de s'aggraver puisque certains des 59 blessés hospitalisés étaient dans un état grave, selon Mme May, qui est arrivée à la mi-journée Manchester, la troisième ville du pays. La chanteuse américaine n'a pas été touchée.

Parmi ces 59 blessés figuraient douze mineurs de moins de 16 ans, a indiqué David Radcliffe, directeur médical des services d'ambulances de la ville. Des parents désespérés étaient encore à la recherche de leurs enfants, lançant des appels sur les réseaux sociaux, alors qu'une structure d'accueil a été mise en place au stade de football de Manchester City pour les victimes et leurs proches.

'C'était le chaos complet'

L'explosion a provoqué des scènes de panique dans la salle de concert, mais aussi dehors, où des parents attendaient la sortie de leurs enfants. 'Il y avait beaucoup d'enfants et d'adolescents. C'est une tragédie', a déclaré à l'AFP Stephanie Hill, venue assister au concert avec sa fille Kennedy.

'Les gens tombaient les uns sur les autres dans l'escalier. C'était le chaos complet. On voulait sortir de là le plus rapidement possible car on pensait qu'il y aurait peut-être quelqu'un en train de tirer sur la foule', a raconté Kennedy.

A Manchester, la tension était palpable mardi. Un centre commercial a été brièvement évacué, créant un mouvement de panique, après une autre arrestation, non liée à l'attentat. La police a par ailleurs annoncé avoir procédé à une 'explosion contrôlée' dans le sud de la ville, sans plus de précisions. Elle avait déjà procédé à une explosion contrôlée avec des vêtements peu après l'attentat.

Alors que des gestes de solidarité se sont multipliés - dons de sang, cafés offerts, taxis gratuits -, une veillée s'est tenue en fin d'après-midi dans le centre. De nombreux habitants ont déposé messages et fleurs.

/ATS