Un tout petit non à la rénovation du centre de congrès

C'est à une toute petite majorité que les votants de Montreux (VD) ont refusé dimanche que ...
Un tout petit non à la rénovation du centre de congrès

Un tout petit non à la rénovation du centre de congrès

Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

C'est à une toute petite majorité que les votants de Montreux (VD) ont refusé dimanche que leur commune investisse 27 millions de francs dans la rénovation du centre de congrès. Moins de 100 voix sur 6600 ont séparé les deux camps.

A l'issue d'une campagne tendue, le camp du 'non' l'a emporté dans un mouchoir de poche: 3347 Montreusiens ont ainsi glissé un 'non' dans l'urne contre 3253 'oui'. Le taux de participation a frisé les 41%.

Un résultat difficile à encaisser pour la Municipalité qui soutenait ces travaux budgétisés dans leur ensemble à 87 millions. Ceux-ci devaient permettre de sécuriser, mettre à niveau mais également développer le site. Un investissement qu'elle jugeait indispensable au vu du rôle joué par le centre 2m2c dans le tourisme de la région.

'Nous sommes fortement déçus', lâche à Keystone-ATS Caleb Walther, municipal en charge des installations. 'Déçus, car c'est un projet sur lequel nous travaillions depuis longtemps et auquel nous croyions'.

Victoire des Verts

Du côté des opposants, on sabre le champagne. Montreux Libre estime que cette décision permettra 'qu'un meilleur projet soit élaboré'. Le parti réaffirme par ailleurs son soutien à la sécurisation du site et à 'sa mise à niveau minimum'. De leur côté, les Verts de Montreux se sont réjouis sur les réseaux sociaux de cette 'victoire'.

Reste que face à l'écart si serré qui sépare le 'non' du 'oui', la question du retard dans l'envoi du matériel de vote à 1397 électeurs étrangers se pose. 'Je n'ai pas d'élément qui me permette de dire que cela a joué un rôle', répond Caleb Walther. 'Dès que nous avons eu connaissance de cette situation, nous sommes intervenus'.

Contacter l'ECA

Interrogé sur l'avenir du 2m2c et des manifestations qu'il héberge, le municipal indique qu'une phase d'incertitude s'ouvre à court et moyen terme. L'exécutif va rapidement prendre contact avec l'Etablissement d'assurance contre l'incendie et les éléments naturels 'pour savoir sous quelles conditions, le site peut accueillir des événements', précise-t-il.

Contacté, le directeur du Montreux Jazz Festival (MJF) ne cache pas non plus sa déception. 'On s'attendait à ce que ce soit serré, mais on espérait un résultat positif. C'est un choc', explique Mathieu Jaton.

Soulignant le soutien des opposants à la mise aux normes, le boss du MFJ espère que ceux-ci pourront être réalisés selon le planning prévu, à savoir après l'édition 2020 du festival. 'Dans un monde idéal, il faudrait maintenir ce calendrier'. Rappelons que les travaux de rénovation comprenaient notamment une mise aux normes de protection incendie et des risques sismiques.

Trois sources

Le projet soumis au vote des Montreusiens, et soutenu par les autorités, le centre de congrès ou le MFJ, était budgétisé à 87 millions financés par trois sources: la commune (27 millions), les acteurs touristiques de la région (33 millions via une nouvelle taxe de séjour) et la société d’exploitation du centre (CCM SA).

Trop cher, démesuré, ont argué les opposants pour lesquels une rénovation plus modeste fera l'affaire. Ils déploraient aussi un parking peu adapté et pointaient du doigt le soutien du canton qu'ils jugeaient trop mince. Ce dernier avait prévu d'injecter 1,7 million d'aide à fonds perdu et 13,3 millions dans le cadre d'un prêt sans intérêts.

/ATS
 

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