Ouverture des Journées de Soleure sur fond d'égalité hommes-femmes

Le rêve et la quête de sens figurent au coeur des 54es Journées de Soleure, ouvertes jeudi ...
Ouverture des Journées de Soleure sur fond d'égalité hommes-femmes

Ouverture des Journées de Soleure sur fond d'égalité hommes-femmes

Photo: Keystone/ANTHONY ANEX

Le rêve et la quête de sens figurent au coeur des 54es Journées de Soleure, ouvertes jeudi soir en présence d'Alain Berset. Le ministre de la culture s'est réjoui que l'égalité entre hommes et femmes devienne une réalité dans le cinéma suisse.

En 2018, la Confédération a soutenu autant de films réalisés par des femmes que des films réalisés par des hommes, a souligné le conseiller fédéral. Il s'agit d'un 'trend positif', selon lui. Aux Etats-Unis en outre, les longs-métrages dont les rôles principaux sont féminins ont rencontré plus de succès, entre 2014 et 2017, que ceux mettant en scène un premier rôle masculin.

Le socialiste fribourgeois s'est félicité de cette nouvelle évolution. 'Elle est tellement réjouissante qu'on a du mal à la croire', a-t-il dit.

Part de réalisatrices à améliorer

Président des Journées de Soleure, qui se déroulent jusqu'au 31 janvier, l'ancien conseiller aux Etats Felix Gutzwiller (PLR/ZH) a tenu à relativiser cette bonne nouvelle. Sur 600 films envoyés pour l'édition 2019 aux organisateurs du festival du cinéma suisse, seuls 30% ont été réalisés par des femmes. 'Ce chiffre est trop faible', a déploré l'ex-politicien.

Pour y faire face, les organisateurs des Journées de Soleure vont signer, la semaine prochaine, la charte du 'Swiss Women's Audiovisual Network' (SWAN) ou 'Réseau audiovisuel des femmes suisses'. 'Nous nous engageons ainsi à recenser, selon des critères de genre, une statistique des films envoyés et sélectionnés', a promis Felix Gutzwiller. 'La diversité doit devenir une réalité.'

Dans son discours d'ouverture, la directrice des Journées de Soleure Seraina Rohrer a, elle, réagi à une pétition réclamant la projection du film 'Passion' de Christian Labhart, écarté dans la sélection. 'Faut-il donner un passe-droit aux réalisateurs suisses établis? Nous sommes ouverts à la discussion', a-t-elle déclaré.

165 films sur neuf écrans

Après la partie officielle, les 800 invités ont visionné le film d'ouverture 'Tscharniblues II'. Dans son documentaire sélectionné pour le Prix de Soleure, Aron Nick réunit son père, son oncle et ses amis, 40 ans après en avoir fait le portrait dans la cité où ils habitaient, le Tscharnergut, à Berne. Le nouveau film raconte leur évolution et celle de leurs idéaux.

Avec la spiritualité et la liberté, les idéaux figurent justement parmi les thèmes centraux traités cette année par les 165 films suisses projetés sur neuf écrans. Huit oeuvres - cinq documentaires et trois fictions - se disputent le Prix de Soleure, doté de 60'000 francs.

Deux films francophones le convoitent. Dans son documentaire 'Alexia, Kevin et Romain', Adrien Bordone raconte le chemin difficile vers l'autonomie de trois adolescents qui s'apprêtent à célébrer leurs 18 ans. Quant à la fiction 'Pearl' d'Elsa Amiel, elle évoque la vie compliquée d'une bodybuildeuse et celle que vit son mentor par procuration.

Le Prix de Soleure récompense chaque année un film suisse pour son humanisme. Il sera remis le 31 janvier.

Prix du Public: Romands en force

Doté de 20'000 francs, le Prix du public réunit, lui, sept fictions et cinq documentaires. Parmi ces films, la moitié sont francophones: 'Bêtes blondes' d'Alexia Walther et Maxime Matray, 'Ceux qui travaillent' d'Antoine Russbach, 'Insulaire' de Stéphane Gaël, 'My little one' de Frédéric Choffat et Julie Gilbert, 'Le vent tourne' de Bettina Oberli et 'Les dames' de Stéphanie Chuat et Véronique Reymond.

Côté alémanique, on signalera notamment la fiction historique 'Zwingli' de Stefan Haupt. Elle raconte le parcours épique du réformateur zurichois et évoque le rôle de l'Eglise dans la vie des individus.

L'édition 2019 des Journées de Soleure rendra en outre hommage à Yves Yersin et Alexander J. Seiler, pères du nouveau cinéma helvétique, décédés tous deux cet automne. Le film 'Petites fugues' du réalisateur romand figure au programme. Il en va de même de 'Siamo italiani' d'Alexander J. Seiler, cofondateur des Journées de Soleure.

Comme chaque année, une soirée du festival sera consacrée à la Nuit des nominations en vue de la remise du Prix du cinéma suisse. Organisée par l'Office fédéral de la culture, elle aura lieu le 30 janvier.

/ATS
 

Actualités suivantes

Articles les plus lus