La Ville de Lausanne lance une bouée de sauvetage à Aquatis

La Ville de Lausanne vient en aide à Aquatis. La Municipalité a décidé jeudi d'accorder un ...
La Ville de Lausanne lance une bouée de sauvetage à Aquatis

La Ville de Lausanne lance une bouée de sauvetage à Aquatis

Photo: Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

La Ville de Lausanne vient en aide à Aquatis. La Municipalité a décidé jeudi d'accorder un appui ponctuel de 240'000 francs au musée et aquarium en raison de la crise liée au coronavirus.

C'est 'un soutien sous forme d'abandon de factures', a indiqué à Keystone-ATS le syndic de Lausanne Grégoire Junod, revenant sur une information parue dans le 24 heures. Il ne s'agit donc pas d'une subvention et le Conseil communal n'aura pas à se prononcer.

Dans le quotidien vaudois, M. Junod précise que l'abandon de factures peut toucher autant le droit de superficie de 100'000 francs par an que les coûts en énergie. 'Il s'agit d'une aide ponctuelle liée au Covid-19 au même titre que les remises de loyers que nous avons accordées à nos établissements publics ou commerces'.

'La situation d'Aquatis est très particulière. On ne peut pas laisser mourir les animaux, il faut les nourrir, s'en occuper, et entretenir les bassins. Ce sont des charges incompressibles', argumente-t-il dans le journal.

Frais de nourriture et d'entretien conséquents

A l'instar de plusieurs parcs animaliers, l'aquarium et vivarium est fragilisé par la fermeture de ses portes depuis le 13 mars. Aquatis est le plus grand musée-aquarium d'eau douce en Europe avec ses deux millions de litres d'eau, 10'000 poissons et 250 reptiles et amphibiens. Il est devenu la troisième attraction la plus visitée en Suisse romande, après le Château de Chilllon et l'usine Cailler.

'Normalement quand un établissement ferme, nous pouvons éteindre les lumières, arrêter l'électricité et n'avoir qu'un minimum d'entretien à prendre en charge. Avec le vivant, les choses sont différentes, rien ne s'arrête', expliquent les responsables d'Aquatis sur leur site internet dans une rubrique réservée à un appel aux dons.

'L'entretien quotidien des animaux, qu'il s'agisse du nourrissage, de la simulation des saisons (température, décors, etc), du contrôle de la qualité de l'eau, de l'entretien des 200 pompes à filtration ou du maintien des températures adéquates qui demande un apport d'électricité constant, tout ceci représente des charges importantes', écrivent les responsables.

'Les frais de nourriture et d'entretien s'élèvent à 35'000 francs par semaine, soit 140'000 francs par mois, et nous sommes inquiets pour le futur. Si la situation n'est pas tragique pour le moment, elle pourrait le devenir', avertissent-ils.

Situation déjà difficile

La crise du Covid-19 vient en plus s'ajouter à une situation financière déjà difficile. Le groupe Boas avait annoncé l'automne dernier une perte comptable de quelques centaines de milliers de francs pour Aquatis pour 2019. Deux ans après l'ouverture, le nombre de visiteurs s'est monté à 240'000, alors que 450'000 étaient espérés dans un premier temps.

'On a un objectif à cinq ans. A cinq ans, cette entreprise sera profitable. Aujourd'hui, elle ne l'est pas encore. C'est tout à fait normal. Nous ne sommes qu'en deuxième année d'exploitation', déclarait Bernard Russi, président du groupe hôtelier Boas et patron du groupe Aquatis en septembre dernier.

Des économies ont déjà été réalisées en optimisant notamment les charges, le personnel et le nettoyage. Le groupe Boas a déjà investi plus de 30 millions de francs dans le projet qui en a coûté 64 millions, sans subventions.

/ATS
 

Actualités suivantes

Articles les plus lus