Des peupliers plantés à Veyras en hommage au poète Rilke

Jeudi en fin d'après-midi, la Fondation Rilke et la commune valaisanne de Veyras replantent ...
Des peupliers plantés à Veyras en hommage au poète Rilke

Des peupliers plantés à Veyras en hommage au poète Rilke

Photo: Fondation Rilke

Jeudi en fin d'après-midi, la Fondation Rilke et la commune valaisanne de Veyras replantent des peupliers en bas du château Muzot. Tout un symbole qui rappelle le lien très fort qui unissait le poète autrichien aux arbres.

'On est venu ce matin - des paysans de Muraz - pour abattre notre beau peuplier au carrefour de Muzot; lorsque j'ai compris ce qui se passait, il était trop tard pour empêcher le forfait. Et dire que j'aurais pu peut-être sauver ce bel arbre!', écrit ce 15 octobre 1924, Rainer Maria Rilke dans le livre d'hôtes du château.

Nonante-six ans plus tard exactement, la Fondation Rilke et la commune de Veyras ont souhaité marqué ce 'Jour de Deuil', comme l'avait désigné le poète. 'Nous allons replanter quatre peupliers pour compléter l'allée sur la route de Miège', explique à Keystone-ATS Brigitte Duvillard, directrice de la Fondation.

Pour des raisons urbanistiques, il n'est pas possible d'installer un de ces arbres exactement où se trouvait celui du poète. Le carrefour est goudronné et l'espèce a besoin de beaucoup d'eau, mais 'toute l'allée est visible depuis le château', relève la directrice.

Un détail qui a son importance. Lorsque Rilke arrive à Veyras, la vue de ce peuplier le convainc qu'il est au bon endroit pour poursuivre son oeuvre. Cet arbre, il en fera notamment le protagoniste d'un de ces quatrains valaisans: 'Peuplier, à sa place juste, / qui oppose sa verticale / à la lente verdure robuste / qui s’étire et qui s’étale'.

Années valaisannes

Au terme d’une existence 'sans domicile fixe', Rainer Maria Rilke trouve en Valais un gîte dans un paysage qui le comble et les conditions propices à un nouvel afflux poétique, peut-on lire sur le site de la Fondation. Le poète, séjournant en Suisse depuis 1919, avait visité Sion et Sierre en 1920 déjà.

Il renouvelle ce voyage en juin 1921 en compagnie de son amie Baladine Klossowska. À Sierre, au cours de leurs flâneries, ils découvrent dans une vitrine la photo du petit manoir de Muzot, proposé à la vente ou à la location. Tout en étant réticent, Rilke est enthousiaste. À sa requête, son mécène Werner Reinhart loue puis achète Muzot l’année suivante où le poète reste jusqu'à sa mort en 1926.

C'est durant ces années valaisannes que le poète publie les 'Elégies de Duino' et les 'Sonnets à Orphée', oeuvres maîtresses achevées et écrites dans le manoir. Il y écrit aussi en français 'Vergers', 'Les Quatrains Valaisans', 'Les Roses' et 'Les Fenêtres'.

/ATS
 

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