Le rideau se lève sur une partie de la fameuse collection à Berne

Le rideau se lève sur une partie de la fameuse collection Gurlitt à Berne. Le Musée des Beaux-Arts ...
Le rideau se lève sur une partie de la fameuse collection à Berne

Le rideau se lève sur une partie de la fameuse collection à Berne

Photo: KEYSTONE/MANUEL LOPEZ

Le rideau se lève sur une partie de la fameuse collection Gurlitt à Berne. Le Musée des Beaux-Arts, conjointement avec la Bundeskunsthalle de Bonn (Allemagne), présente une sélection de quelque 400 oeuvres.

Intitulée ''art dégénéré', l'exposition bernoise s'intéresse à l'art moderne banni par le régime national-socialiste allemand. Elle aborde notamment les processus politiques qui, dans les années 1930 et 1940, ont mené à la destruction ou à la vente de ces oeuvres qualifiées de 'dégénérées'.

A Bonn, le deuxième volet se penche sur les spoliations nazies et leurs conséquences. Les deux expositions seront interverties au printemps prochain.

Négociant d'art pour les nazis

Toutes les pièces présentés proviennent de la succession de Hildebrand Gurlitt (1895-1956), historien et marchand d'art qui s'est particulièrement intéressé à l'art moderne. D'abord menacé par les nazis, il est ensuite devenu un négociant privilégié du régime, dont il a permis de remplir les caisses en vendant à l'étranger ces oeuvres de 'l'art dégénéré'.

En 2012, les autorités allemandes ont saisi plus de 1500 oeuvres de grands peintres - comme Monet, Cézanne ou Renoir - dans l'appartement d'un retraité à Munich et dans une maison délabrée à Salzbourg (Autriche). Le nom du vieil homme, Cornelius Gurlitt, a mis la puce à l'oreille des enquêteurs. Ils ont immédiatement soupçonné que les pièces en question pouvaient avoir été volées.

Dans les cercles artistiques, il était de notoriété publique que Cornelius Gurlitt (1932-2014), en tant que collectionneur privé, possédait des oeuvres d'art qu'il vendait à l'occasion pour financer son train de vie modeste.

Héritage surprise

C'est en 2014 que l'affaire secoue la Suisse: Cornelius Gurlitt avait en effet légué sa collection au Musée des Beaux-Arts de Berne. Tombant des nues, l'institution s'est tout d'abord demandé si elle pouvait accepter un tel cadeau. Elle s'est décidée positivement. Une longue bataille juridique avec les héritiers a suivi, qui s'est terminée en faveur du musée en décembre 2016.

Selon un accord conclu avec l'Allemagne, seuls les tableaux irréprochables doivent revenir au musée bernois. La provenance des oeuvres a ainsi été étudiée, et certaines ont été restituées à leurs ayant droit. D'autres procédures sont en cours, dont l'une porte sur 'La Montagne Sainte-Victoire' de Paul Cézanne, l'une des peintures les plus précieuses de l'héritage Gurlitt.

Les peintures à l'huile ne représentent toutefois pas la majeure partie de la collection. Celle-ci se compose avant tout d'oeuvres sur papier (gouaches, aquarelles, dessins) de l'expressionnisme allemand, du constructivisme ou du courant artistique de la Nouvelle objectivité.

/ATS
 

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