Monstre ou victime ?

Un homme comparaissait ce vendredi devant le tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers ...
Monstre ou victime ?

Un homme comparaissait ce vendredi devant le tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers à Neuchâtel. Il est accusé d’avoir violé sa compagne et sa fille, ainsi que d’avoir fait subir toutes sortes de sévices à son enfant. La défense parle d’affabulations

Le tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers à Neuchâtel doit se prononcer sur une affaire d'inceste sordide. (Photo d'illustration) Le tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers à Neuchâtel doit se prononcer sur une affaire d'inceste sordide. (Photo d'illustration)

Des actes aussi ignobles que violents, c’est ce qui était reproché à un père de famille, ce vendredi au tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers à Neuchâtel. Il aurait, durant plusieurs années, abusé de sa femme et de sa fille, commettant viols, séquestrations et autres sévices. Dès ses 6 ans et jusqu’à ses 9 ans, son enfant aurait par exemple été pénétré à plusieurs reprises, tant vaginalement qu’analement. Lorsqu’elle criait, son père lui aurait alors appliqué un coussin sur la tête allant jusqu’à provoquer plusieurs évanouissements dus à la suffocation et à la douleur. Créant un climat de terreur, il aurait menacé sa compagne et sa fille de les tuer si elles révélaient quoique ce soit. Ce n’est qu’après les confidences de l’enfant à une de ses amies et l’intervention d’une collaboratrice d’une structure parascolaire que l’homme a été arrêté, à l’été 2021.

Pour le Ministère public et l’avocate des plaignantes, le nombre de détails évoqués par la fillette ne laisse pas de place aux doutes, l’homme est coupable. Ils avancent également les conclusions d’un rapport médical démontrant une anomalie très suspecte au niveau du vagin de l’enfant pour appuyer leur plaidoirie. Ils réclament 11 ans de prison ferme, une expulsion du territoire suisse de 15 ans, ainsi qu’une interdiction à vie d’exercer toute activité en contact de mineurs. A cela s’ajoutent les prétentions civiles. La partie plaignante demandant 20'000 francs pour la compagne et 75'000 francs pour la fille, à titre de réparation pour tort moral.


Affabulation complète

Pour la défense, c’est un tout autre récit qui se joue ici. Lors de son audition ce vendredi, le prévenu n’a eu de cesse de clamer qu’il n’avait rien fait, arguant que sa compagne de l’époque n’avait pas supporté le fait qu’il avait refait sa vie avec une autre. Tout aurait donc été inventé. Les propos de la jeune fille ont d’ailleurs été mis en doute par l’avocate de l’accusé. Pour elle, il est impossible que tant de détails, ainsi que des souvenirs si précis proviennent uniquement d’une enfant de 9 ans. Elle a aussi mis en avant que dans le rapport médical cité par la partie plaignante, il est mentionné que l’hymen de l’enfant était intact. Un exemple parmi d’autres qui remet en cause l’accusation. Le doute devant profiter à l’accusé, l’avocate a demandé un acquittement pur et simple de son client.

Le jugement de cette affaire sera rendu ultérieurement. /rgi


 

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