Le prévenu a usé de son ascendance sur sa belle-fille mineure pour abuser d’elle. Il a été condamné à trente mois de prison dont neuf mois ferme par le Tribunal criminel à La Chaux-de-Fonds. Il a aussi l'interdiction de travailler avec des enfants pendant dix ans
Elle ne voulait pas et il avait la faculté de le comprendre. Un homme a été reconnu coupable mardi par le Tribunal criminel à La Chaux-de-Fonds d’actes d’ordre sexuel avec des enfants, de contrainte sexuelle, de viol et d’abus de la détresse sur sa belle-fille. Il a été condamné à trente mois de prison dont neuf mois ferme avec sursis pendant deux ans. La Cour a également prononcé une interdiction de travailler avec des enfants, que ce soit dans le domaine professionnel ou non, pour une durée de dix ans.
Le prévenu n'a pas résisté à ses visées lubriques
Le prévenu a reconnu tous les faits qui lui étaient reprochés, en les minimisant. Selon lui, c’est sa belle-fille qui le cherchait et il n’a pas réussi à lui dire non. Pour la Cour, le prévenu avait la faculté de comprendre que la victime, âgée de quatorze ans au début des faits qui ont duré quatre ans, n’était pas consentante. La contrainte ne vient pas des gestes de l'accusé qui ne l'a jamais obligée par la force, mais de l’ascendance qu’il avait sur la victime du fait de son statut d’adulte. Pour les juges, le prévenu n’a pas subi les assauts de la plaignante. Il n'a pas résisté à ses visées lubriques. La victime s’est retrouvée au cœur d’un dilemme : subir les actes de son beau-père en se taisant ou les révéler et faire éclater la famille.
A décharge, le prévenu a reconnu les actes, ce qui est rare dans ce genre d’affaire. Il a pris conscience de ce qu’il a fait et a exprimé des regrets qui ont parus sincères au Tribunal.
Le prévenu admet mais minimise
Le prévenu admet les faits. Mais, dit-il, il partageait une grande complicité avec la fille de sa femme. Elle venait souvent se frotter à lui, mettre sa tête sur ses cuisses. Il n’a pas réussi à lui dire non. Et à son avocat de préciser que la plaignante n’a jamais verbalement signifié son refus. Pour le procureur, la victime se trouvait dans un état de sidération. Ce n’est pas parce qu’elle n'a pas formulé verbalement son désaccord qu'elle était consentante. Elle a marqué son refus par des gestes. Le Ministère public ne reconnaît pas de circonstances atténuantes à l’accusé, si ce n’est d’avoir admis les faits, en les minimisant.
L’avocat du prévenu en trouve en revanche. La plaignante a été décrite par certains lors de l’instruction d’allumeuse et de fille qui joue de ses formes. Et à l’avocat de mentionner à plusieurs reprises dans sa plaidoirie qu’elle avait un rapport particulier à la sexualité. Ce à quoi le procureur a rétorqué qu’il s’agissait des répercussions des actes du prévenu sur la jeune fille, les reflets de son malaise. Il a requis quatre ans de prison et l’interdiction de travailler avec des mineurs. Son avocat demandait une peine compatible avec le sursis.
Les parties ont dix jours pour annoncer leur appel au Tribunal cantonal. /sma









