Les communes

Ce qu'il faut savoir sur Le Landeron

Les Neuchâtelois sont appelés aux urnes le dimanche 21 avril pour renouveler leurs autorités communales. Le tour des enjeux au Landeron.

Le Landeron n’est pas une commune comme les autres, puisqu’on n’y est pas fatigué du tout de la politique. Bien au contraire, alors que dans certaines communes on s’achemine cette année vers des scrutins tacites, les élections communales dans le village de l’entre-deux-lacs, sont comparables à un buffet garni, avec énormément de candidats. Cinq listes présentent un total de 61 noms. Tout ça, pour renouveler un législatif communal qui compte 41 sièges. Le débat public landeronnais est florissant.

 

Une configuration unique

Reste à trouver une explication à ce phénomène, qui n’est pas nouveau. Cela fait plusieurs législatives que Le Landeron propose un grand choix de candidats aux communales. Pour tenter de comprendre cette situation, tous les groupes fournissent exactement les mêmes explications. Selon eux, davantage qu’ailleurs, l’attachement au village et à son identité est fort. Nombreux sont ceux qui sont d’accord de se retrousser les manches pour la collectivité. Et en dehors de cela, de l’avis général, ce débat public nourri serait la conséquence de l’existence de Canette. Depuis 1980, l’entente communale ouvre ses portes aux citoyens de tous horizons politiques, qui souhaitent se mobiliser pour la vie de leur commune. C’est actuellement la principale force politique du Conseil général avec quinze élus. Selon de nombreux landeronnais impliqués politiquement, une bonne partie d’entre eux ne se seraient jamais portés candidats sans Canette. Une dynamique encore entretenue par un effet inverse, puisque certains choisiraient de se lancer sous d’autres bannières, par esprit d’opposition à Canette. L’existence-même de cette formation semble donc stimuler les vocations politiques.

 

Une présence des partis traditionnels

En-dehors de Canette, les quatre autres formations en lice sont plus traditionnelles. Deuxième en termes d’importance, le Parti libéral radical compte actuellement onze élus. Il propose seize candidats et ambitionne d’en faire élire peut-être même davantage.

Dans une commune traditionnellement alignée à droite, le Parti socialiste, lui, compte huit sièges et même s’il espère une percée, ses responsables estiment que le statu quo est l’option la plus réaliste.

C’est un peu le même constat chez les deux « petits » groupes représentés au Conseil général : l’UDC et les Verts’libéraux, qui dans l’état actuel des choses, possèdent respectivement quatre et trois sièges. Bien sûr qu’ils apprécieraient de grignoter un fauteuil ou deux, mais ils sont conscients que leur marge de progression potentielle n’est pas considérable.

 

Des thèmes de campagne classiques

Toutes les formations, du point de vue des sujets qu’elles ont choisi de défendre, défendent des positions classiques. Canette souhaite privilégier la participation civique aux institutions et la représentativité. PLR et UDC évoquent tout deux les finances communales et un strict contrôle des dépenses et investissements. Les libéraux-radicaux y ajoutent la défense du pouvoir d’achat, ou par exemple, une politique communale qui n’oublie ni les jeunes, ni les aînés. L’UDC souhaite soigner le patrimoine bâti du village et envisager les investissements sur le long terme. Du côté de la liste socialiste, on projette de défendre les défavorisés et les personnes âgées et de favoriser l’écologie, au niveau des aménagements. Même écho chez les Verts’libéraux. Ils proposent par exemple le développement de pistes cyclables ou une vieille ville sans voiture.

 

La fusion en toile de fond

Les Verts’libéraux viennent par ailleurs de réactiver un vieux débat, celui de la fusion. En 2015, le « non » du Landeron avait fait capoter le projet d’union des sept communes de l’Entre-deux-Lacs. Le PVL a relancé la discussion autour d’un rapprochement plus modeste, par exemple avec Cornaux, Cressier et Lignières. Une consultation a été menée en fin d’année dernière. Mais elle ne semble pas déboucher sur un enthousiasme populaire net et franc pour un nouveau projet. Résultat : si les libéraux-radicaux affirment que « la fusion est une nécessité » et se disent « observateurs attentifs du processus », en-dehors d’eux et des Verts’libéraux, les autres formations sont sur la réserve et souhaitent s’appuyer sur un signal clair de la population, à supposer qu’il y en ait un qui émerge un jour. On parlera fusion pendant la législature qui s’amorce, mais il est peu probable que le dossier avance de manière significative. /jhi