En un an, la part des Suisses qui s'adressent aux chatbots d'IA pour interpréter leurs symptômes a doublé. Les jeunes adultes en particulier estiment que la consommation de réseaux sociaux, d'actualités et de vidéos nuit à leur santé.
Les chatbots d'intelligence artificielle (IA) sont de plus en plus utilisés pour les questions de santé. En passant de 20% à 42%, le nombre de personnes s'adressant à l'IA pour interpréter leurs symptômes a plus que doublé en une année, selon une étude de la CSS sur la santé. Cette augmentation touche toutes les classes d'âge. Pas moins de 62% des jeunes adultes et 30% des plus de 65 ans ont utilisé des chatbots d'IA à des fins d'auto-diagnostic. Pour ces derniers, ce chiffre était de 10% lors de l'étude précédente, indique mardi la CSS dans un communiqué relatif à la publication de son étude.
Plus d'un quart de la population (28%) cite les chatbots parmi ses principales sources d'information en cas de symptômes physiques, soit nettement plus que l'année précédente (18%). Cette part a également augmenté concernant les symptômes psychiques, passant de 11% à 16% en une année.
Mais les médecins, internet et l'entourage personnel sont toujours mentionnés parmi les sources d'information. Cela pourrait indiquer que si les chatbots ont gagné en importance, beaucoup les perçoivent comme des sources d'informations complémentaires plutôt que des substituts à part entière, selon la CSS.
Médias numériques: différences selon l'âge
La consommation des médias numériques et son influence sur la santé est perçue très différemment selon les tranches d'âge. Parmi les personnes âgées de 18 à 35 ans, 44% jugent cette habitude nocive pour leur santé. Chez les 36 à 65 ans, 19% expriment ce ressenti, contre seulement 8% chez les plus de 65 ans. Aucun autre facteur lié au mode de vie ne donne lieu à de si grandes différences entre les jeunes adultes et les autres tranches d'âge.
Les différentes générations ne gèrent pas non plus leur charge émotionnelle de la même manière: 70% des jeunes adultes disent avoir tendance à se replier sur eux-mêmes en cas d'états d'âme, contre 55% chez les plus de 65 ans. Ces dernières années, les personnes en détresse psychologique ont eu moins tendance à se tourner vers leur entourage. Elles sont 50% à s'être confiées à leurs proches, soit la plus faible part depuis 2022 (57%).
Pour les personnes qui se sentent isolées, les chatbots semblent revêtir le rôle d'une personne de confiance. En effet, 27% d'entre elles indiquent que leurs échanges avec l'IA ont permis de réduire leur sentiment d'isolement. De plus, près d'une personne sur cinq ayant recours à l'IA déclare avoir confié à un chatbot des informations qu'elle n'avait jamais partagées avec une personne physique.
Amélioration de l'état de santé
Pour la première fois depuis le début de la série d'études, les répondants citent les comportements alimentaires au même rang que la prédisposition génétique comme principaux facteurs de maladie. L'un comme l'autre sont considérés par 59% des personnes interrogées comme cruciaux dans la survenue de maladies graves. Toutefois, les conseils nutritionnels ne sont pas toujours appliqués. Par exemple, seule une personne sur cinq dit respecter la règle des cinq fruits et légumes par jour.
De manière générale, la population suisse rapporte cette année une légère amélioration de son état de santé, perçu comme bon ou très bon par 66% des personnes interrogées. Les 34% restants se sentent plutôt atteints dans leur santé ou malades. L'année dernière, ces chiffres étaient respectivement de 62% et 38%.
L'étude a été réalisée pour la huitième fois, par l’institut de recherche Sotomo sur mandat de la CSS. 2459 personnes ont été interrogées dans toute la Suisse.
/ATS








