Sommet UE-Canada: amener la relation "au plus haut niveau possible"

Le Canada et l'Union européenne, réunis pour un sommet de deux jours à Montréal, veulent amener ...
Sommet UE-Canada: amener la relation "au plus haut niveau possible"

Ce partenariat "se rapproche plus de l'adhésion que tout ce que nous avons fait jusqu'à présent", a souligné Ursula von der Leyen.

Photo: KEYSTONE/AP/Christopher Katsarov Photo: KEYSTONE/AP/Christopher Katsarov

Le Canada et l'Union européenne, réunis pour un sommet de deux jours à Montréal, veulent amener leur relation "au plus haut niveau possible". Cela bénéficiera également, selon le Premier ministre canadien, aux États-Unis.

"Le Canada ne peut devenir un membre à part entière de l'Union européenne pour des raisons géographiques mais nous voulons l'un comme l'autre amener notre relation au plus haut niveau possible", a soutenu jeudi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, dans un discours prononcé en marge de ce sommet.

Ce partenariat "se rapproche plus de l'adhésion que tout ce que nous avons fait jusqu'à présent", a-t-elle ajouté en insistant sur le concept qu'elle évoque depuis mi-septembre de "membre associé de l'UE", statut inédit non prévu par les traités européens qui suscite des remous au sein des Vingt-Sept.

Selon des diplomates, ce terme devrait être remplacé à la demande notamment de l'Allemagne par celui d'"association toujours plus étroite du Canada à l'UE, en deçà d'une adhésion", dans la déclaration finale du sommet.

Le Premier ministre canadien Mark Carney a jugé pour sa part que ce débat sémantique n'avait pas beaucoup d'intérêt. "Cette nouvelle alliance n'est pas un exercice de marketing. Le nom n'a pas d'importance", a-t-il assuré jeudi, devant la presse. "Ce qui compte, c'est la complémentarité" entre le Canada et l'UE "qui renforce notre souveraineté".

"Atteinte à notre souveraineté"

Pour "assurer leur autonomie stratégique", le Canada et l'UE doivent ainsi renforcer leur "coopération dans l'ensemble des domaines stratégiques", a-t-il insisté, en citant la défense, l'espace, les minerais critiques, l'IA, la puissance de calcul, des domaines qui feront l'objet d'accords vendredi.

Pour être plus forts ensemble dans un monde dominé par les États-Unis et la Chine. "Nous assistons à une dégradation croissante de l'ordre international" et "à une atteinte à notre souveraineté" alors que "le commerce devient un outil de pression économique", a dit pour sa part Ursula von der Leyen, dans une référence implicite aux deux grandes puissances.

Donald Trump avait exprimé en septembre son opposition à ce rapprochement entre l'UE et le Canada, qualifié de "ridicule", et était allé jusqu'à menacer l'UE de rompre les échanges commerciaux.

Mark Carney, qui a tenu tête au président américain en rompant fin août les négociations commerciales avec la Maison Blanche, a tenté de le rassurer jeudi en jugeant que les États-Unis "verront les bénéfices" de la diversification des partenariats du Canada qui le rendra "plus fort".

Minerais, numérique et mobilité

Bruxelles et Ottawa ont déjà entamé, depuis le retour de Donald Trump au pouvoir début 2025, un rapprochement illustré par la participation des Canadiens à un programme européen d'aide à l'industrie de défense, ou par l'invitation de M. Carney et de certains de ses ministres à des réunions européennes.

Les deux partenaires sont par ailleurs liés depuis dix ans par un accord de libre-échange, le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement), qui supprime les droits de douane sur 98% des produits échangés. Très critiqué notamment par les éleveurs français, il n'a toutefois pas encore été ratifié par neuf pays de l'UE sur 27, dont la France.

Très concrètement, ce sommet va être l'occasion pour les deux partenaires de signer une série d'accords pour étendre leur alliance dans d'autres domaines.

Les minerais stratégiques, dont le sous-sol canadien regorge et dont l'industrie européenne, dépendante de la Chine, a un besoin vital, en est l'un des principaux. Le sommet pourrait déboucher sur un accord permettant à la Banque européenne d'investissement (BEI) de financer des projets canadiens d'exploitation.

Un accord sur le commerce numérique, permettant des transactions en ligne plus rapides et moins coûteuses, devrait aussi être dévoilé vendredi, ainsi qu'un renforcement de la coopération en matière de régulation de l'intelligence artificielle.

Le Canada pourrait aussi négocier son adhésion au programme européen Galileo, un système de navigation par satellite qui offre une alternative au système américain GPS, et à Erasmus, dispositif européen de mobilité des jeunes qui permet notamment à des étudiants de passer un semestre à l'étranger.

/ATS


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