Réchauffement climatique : « Certaines limites sont atteintes plus tôt que prévu »

C’est inévitable, le seuil de 1,5 degré de réchauffement de la planète sera dépassé de manière ...
Réchauffement climatique : « Certaines limites sont atteintes plus tôt que prévu »

C’est inévitable, le seuil de 1,5 degré de réchauffement de la planète sera dépassé de manière constante. C’est l’alerte lancée par les scientifiques du Global Carbon Project à la COP 28 à Dubaï. Décryptage avec Léonard Schneider

Les émissions de gaz à effet de serre augmentent encore. (AP Photo/Eric Risberg, File) Les émissions de gaz à effet de serre augmentent encore. (AP Photo/Eric Risberg, File)

Le réchauffement climatique s’intensifie plus rapidement que prévu. Le seuil de 1,5 degré de réchauffement de la planète sera « inévitablement dépassé » et de manière constante. C’est l’alerte lancée par les scientifiques du Global Carbon Project à la COP28 à Dubaï. L’étude révèle également qu’il y a une chance sur deux pour que ce seuil, fixé dans l’Accord de Paris en 2015, soit dépassé d’ici sept ans. L’année dernière, les scientifiques estimaient à neuf ans le délai. Mais il semble que « certaines limites sont atteintes un peu plus tôt que prévu », relève Léonard Schneider. « Vu la tendance actuelle au réchauffement, on s’attend à ce que la limite soit atteinte dans les années 2030, et effectivement peut-être déjà même en 2030 », explique le chargé d’enseignement en climatologie à l’Université de Neuchâtel. 

Léonard Schneider, chargé d'enseignement en climatologie à l'Unine

« Les raisons sont assez claires et bien connues : c’est lié aux émissions globales des gaz à effet de serre, donc principalement l’utilisation du charbon, du pétrole et du gaz », explique Léonard Schneider. Le charbon, pollueur numéro un, est utilisé pour la production électrique et en expansion notamment en Chine et en Inde. En Europe, c’est moins le cas. Il est en partie remplacé par du gaz. « A choisir, niveau émissions, il vaut mieux du gaz que du charbon », explique le chargé d’enseignement en climatologie. « Mais disons que le gaz n’est pas la meilleure solution sur le long terme. Et si son usage en Europe diminue, c’est aussi parce que la production est délocalisée justement dans des pays asiatiques », relève Léonard Schneider. 

Une année 2024 qui s’annonce chaude

L’étude des scientifiques du Global Carbon Project indique que 2024 se profile déjà comme une année noire pour le réchauffement climatique. En effet, le phénomène de base sera une nouvelle fois complété par El Niño. « Ce phénomène climatique n’est pas en soi le problème, parce que c’est quelque chose qui se produit de manière naturelle selon un cycle d’environ sept ans. Et qui fait qu’on va avoir des années un peu plus chaudes et des autres, où il y a le phénomène antagoniste La Niña, qui sont un peu moins chaudes », développe Léonard Schneider.

Le problème de fond reste donc le réchauffement climatique et non ces deux phénomènes climatiques. « Si on était dans une situation normale, donc sans les émissions de gaz à effet de serre, on aurait simplement ce cycle, avec des années un peu plus chaudes ou plus froides, mais la norme ne bougerait pas », conclut Léonard Schneider. /lgn


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