Tribunal pénal fédéral: 7 hommes soupçonnés de liens avec Al Qaïda

BERNE - Le procès contre sept hommes soupçonnés de liens avec Al Qaïda s'est ouvert devant le Tribunal pénal fédéral (TPF) qui siège exceptionnellement à Lugano. Quatre agents de la police fédérale ont confirmé les liens de deux des inculpés avec la nébuleuse Al Qaïda.Les quatre agents ont été entendus par le TPF présidé par le juge Bernard Bertossa. Les deux commissaires et les deux enquêteurs de la division "terrorisme et financement du terrorisme" de la police judiciaire fédérale ont indiqué que "20 à 30% des adresses de la liste de contacts en possession de deux des principaux accusés appartiennent à des membres du mouvement lié à Osama Ben Laden."Le reste de l'après-midi a été consacré à l'audition de cinq témoins. Leurs déclarations ont permis de reconstituer les activités de passeurs et les moyens pour fournir aux clandestins yéménites notamment de fausses identités et des visas leur permettant d'arriver en Suisse.Pour ce faire, l'organisation bénéficiait de la collaboration de fonctionnaires locaux corrompus. Ainsi, l'ancien consul honoraire de Suisse à Sanaa est soupçonné d'avoir touché des dessous de table. Il fait actuellement l'objet d'une enquête séparée.Les sept inculpés sont cinq Yéménites, un Somalien et un Irakien établis dans les cantons de Vaud, Genève, Berne et Argovie. Ils sont accompagnés de leurs avocats et d'un interprète de langue arabe.La matinée de lundi a été consacrée à la lecture des sept actes d'accusation et aux premiers interrogatoires des sept prévenus, tous en liberté provisoire.Agés de 24 à 59 ans, les sept "passeurs" et "terroristes" présumés sont requérants d'asile, exception faite du ressortissant irakien de 40 ans, ex-déserteur de la guerre du Koweit, qui a obtenu l'asile politique. Les autres sont tous en attente d'une décision définitive, leurs demandes ayant été rejetées.Au bénéfice de permis provisoires F et N, les cinq Yéménites et le Somalien ne travaillent pas et sont tous entretenus par l'assistance sociale. L'Irakien, soigné pour une dépression, a obtenu l'AI. Tous les inculpés sont pères de familles qui comptent de quatre à huit enfants.Le procès doit durer toute la semaine. Plusieurs autres témoins doivent défiler avant le début des plaidoiries de la défense et du réquisitoire du procureur. /ATS
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