Schaffhouse: l'enseignement du français maintenu en primaire

SCHAFFHOUSE - Les citoyens de Schaffhouse ont rejeté de justesse (51,3%) une initiative qui exigeait de repousser l'enseignement du français au secondaire au lieu de la 5e primaire. Ce vote, très attendu, soulage les directeurs cantonaux de l'instruction publique.Des initiatives également intitulées "pour une seule langue étrangère au primaire" ont en effet été déposées dans quatre autres cantons alémaniques. Les Schaffhousois étaient les premiers à s'exprimer. 23 communes ont accepté le texte lancé par des enseignants, neuf, dont Schaffhouse, l'ont refusé.Dans les milieux concernés, on craignait qu'un "oui" aurait un effet boule-de-neige sur la Thurgovie et Zoug qui voteront le 21 mai. Zurich et Lucerne s'exprimeront en 2007.Toutes ces initiatives, lancées par les milieux enseignants, s'opposent à une décision de la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP). Celle-ci veut que tous les élèves du pays apprennent à l'avenir l'anglais et une seconde langue nationale dès le niveau primaire.Schaffhouse a choisi de commencer par l'anglais en 3e et de suivre avec le français, déjà enseigné depuis quelques années dès la 5e. Comme leurs collègues des autres cantons, les enseignants schaffhousois craignent que cette réforme "surcharge" les élèves. Selon eux, l'apprentissage du bon allemand en souffrira.L'initiative schaffhousoise a été refusée à quelque 750 voix de différence, soit par 14'222 voix (51,3%) contre 13'492 (48,7%). La majorité des votants a suivi le gouvernement et le parlement qui l'avaient rejetée, contrairement à la majorité des partis.Pour la ministre cantonale de l'éducation, Rosmarie Widmer Gysel (UDC) estime que les Schaffhousois "ont reconnu l'importance de l'enseignement précoce des langues". La pression du reste de la Suisse "a été trop forte", a déploré Le chef de file des opposants, le député Daniel Fischer (PS). "Certains ont dit que les Romands ressentiraient un "oui" comme un affront", a-t-il ajouté.Contrairement à lui, la présidente de la Conférence intercantonale de l'instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP) s'est réjouie de l'issue du vote. Anne-Catherine Lyon a exprimé sa reconnaissance aux Schaffhousois "d'avoir réaffirmé l'importance du lien confédéral". /ATS
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