Proches d'un ex-employé d'Eternit déboutés par la justice vaudoise

LAUSANNE - Les proches d'un ex-employé d'Eternit décédé d'un cancer du poumon ont été déboutés par le Tribunal des assurances du canton de Vaud. Ils demandaient à la justice de reconnaître que le défunt avait été victime d'une maladie professionnelle due à l'amiante.Décédé en 2003 à l'âge de 70 ans, le défunt avait travaillé de 1968 à 1995 dans les ateliers d'Eternit à Payerne (VD). Il avait été fortement exposé à l'amiante, surtout jusqu'en 1985. Mais c'était aussi un grand fumeur, puisqu'il avait consommé jusqu'à deux paquets de cigarettes par jour.Saisi du litige, le Tribunal des assurances admet dans son jugement que l'exposition à l'amiante et la consommation de tabac peuvent toutes deux provoquer le cancer du poumon. Rien ne prouve cependant que la pathologie dont a souffert l'assuré était due exclusivement ou de manière prépondérante au contact avec l'asbeste.Pour étayer ses conclusions, l'instance cantonale se fonde notamment sur des mesures de l'intensité à l'amiante dans les locaux où la victime travaillait. Elle s'appuie aussi sur les résultats de l'autopsie, qui n'avait pas révélé la présence de fibrose, donc de traces d'asbestose.Avocats des proches, et notamment de la veuve de l'ex-employé, Jean-Marie Agier critique ce jugement qui, selon lui, ne prend pas en compte les éléments qu'il a présentés à la cour. Il annonce qu'il va recourir contre ce verdict auprès du Tribunal fédéral des assurances (TFA).Devant le Tribunal des assurances, lors d'une audience publique qui s'était tenue le 1er février dernier, l'avocat avait notamment relevé qu'en France une durée d'exposition à l'amiante de dix ans suffit pour établir l'origine professionnelle d'un cancer broncho-pulmonaire.La Suva a jusqu'ici toujours récusé la référence à la jurisprudence française. Selon elle, les conditions permettant de prétendre aux prestations accordées en cas de maladie professionnelle, et notamment celles qui donnent droit à une indemnité pour atteinte à l'intégrité, ne sont pas remplies.A ce jour, la Caisse nationale n'a reconnu que dans trois cas le lien entre l'amiante et le décès d'un travailleur mort d'un cancer après avoir été exposé aux fibres d'amiante dans les locaux de l'usine payernoise d'Eternit. /ATS
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