Experts externes: une commission souhaite davantage de clarté

BERNE - La Confédération verse des centaines de millions à des experts externes. Le manque de transparence et de concurrence dans l'attribution de ces mandats inquiète la commission de gestion du Conseil des Etats. Le Conseil fédéral est prié de prendre des mesures.Selon le Contrôle parlementaire de l'administration, la Confédération a dépensé en 2004 quelque 490 millions de francs pour un peu plus de 6100 mandats d'expertise externe. Vu les lacunes de cette évaluation, la facture devrait en fait s'élever à 600 voire 700 millions, a indiqué la commission dans son rapport.L'ampleur du phénomène pose une série de problèmes. Première inquiétude de la commission: l'influence politique occulte que pourraient exercer les consultants externes sur les départements et les offices. La plupart des mandats octroyés (40 %, 144 millions) portent en effet sur le conseil et la recherche dans le domaine politique.Vu que ni le Parlement, ni les médias ne peuvent exercer de contrôle sur ces experts, le commission demande au gouvernement de faire oeuvre de transparence. Il s'agit de rendre public les données relatives aux consultants ayant une influence directe et déterminante ainsi que les mandats confiés.Autre problème: les conséquences de l'externalisation sur la politique du personnel. En moyenne, pour 7 francs consacrés aux charges de personnel, 1 franc va à des mandats d'experts. Mais certains offices, comme la Direction du développement et de la coopération, investissent davantage dans les consultants que dans leurs propres ressources.Pour la commission, les mandats ne doivent pas servir à pallier des pénuries de personnel. Ils ne doivent être attribués que lorsqu'ils permettent de dégager une plus-value financière, organisationnelle ou qualitative. Il faudrait également mieux exploiter les compétences des spécialistes internes à l'administration.L'Office fédéral du personnel devrait en outre préciser dans sa documentation les charges induites par les contrats de mise à disposition de personnel. A l'Office fédéral de l'informatique, ces dépenses (77 millions) sont plus élevées que les charges de personnel (66 million).Le Conseil fédéral est appelé à répondre à ces critiques d'ici fin février. /ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.