CIA: des conseillers fédéraux s'expriment pour la première fois

BERNE - Des ministres se sont exprimés sur les prisons de la CIA. Pour Pascal Couchepin, Berne n'a pas à donner de leçons à Washington. Hans-Rudolf Merz veut attendre les conclusions de l'enquête. Et Micheline Calmy-Rey n'aurait pas eu connaissance du fax.Le conseiller aux Etats (PRD/TI) a reproché vendredi à la Suisse sa "passivité" face aux activités de la CIA en Europe. Pour l'enquêteur du Conseil de l'Europe, la passivité des autorités suisses et européennes est "choquante" sur ce dossier.Intérrogé samedi par la TSR, Pascal Couchepin estime qu'il faut avoir "un certain respect pour une grande nation démocratique qui mène un débat sur la manière de lutter contre le terrorisme". "Nous n'avons pas à donner constamment la leçon aux Etats-Unis", a-t-il ajouté."La Suisse défend certes les principes moraux, mais elle n'est pas le Saint-Siège des droits humains", a aussi indiqué M. Couchepin à la radio alémanique DRS. "Le Conseil fédéral est responsable des relations de la Suisse avec le reste du monde. Et entretenir de bonnes relations avec les Etats-Unis en fait partie", a encore ajouté le ministre de l'Intérieur.Son ton tranche avec celui de son collègue Hans-Rudolf Merz. Le ministre des Finances comprend la réaction de Dick Marty. Mais jusqu'à présent, le Conseil fédéral n'a que des soupçons et pas de faits avérés sur la table, a-t-il justifié à la TSR. "Une fois qu'on sera en mesure de juger sur des faits, on n'hésitera pas à prendre position", a-t-il promis. Et si les droits de l'homme ont vraiment été violés, "on sera obligé de réagir".Interrogée dans l'émission "Pardonnez-moi" de la TSR1, dont un extrait a été diffusé samedi sur le site tsr.ch, la cheffe du Département fédéral des affaires étrangères déclare qu'elle "n'avait pas connaissance (du fax) avant de le voir dans le journal".Elle s'en explique en rappelant une ordonnance fédérale interdisant aux services de renseignement de transmettre des informations brutes au Conseil fédéral. "La procédure s'est passée tout à fait normalement", a-t-elle ajouté.Micheline Calmy-Rey a rappelé que la Suisse avait réagi auprès des Etats-Unis dès la parution en mai 2005 dans la presse d'informations sur des opérations de transfèrement extrajudiciaires. "Je suis intervenue moi-même auprès de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice fin juin pour dire l'inquiétude de la Suisse", a-t-elle déclaré. /ATS
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