Christoph Blocher se fait tirer les oreilles par les parlementaires

BERNE - Christoph Blocher s'est fait taper sur les doigts par la commission de gestion du Conseil des Etats concernant les Albanais traités de criminels. Les parlementaires n'ont surtout pas apprécié que le ministre leur ait menti lorsqu'il s'est justifié.Dans un discours à l'Albisgüetli le 20 janvier, le conseiller fédéral a critiqué le fait que deux Albanais recherchés dans leur pays pour meurtre et attaque à main armée aient obtenu le statut de réfugié en Suisse. Il lui a été reproché d'avoir violé la présomption d'innocence et porté atteinte à la séparation des pouvoirs en s'en prenant à des décisions de justice.Ces critiques se retrouvent dans le rapport publié par la commission de gestion, qui n'est pas tendre. Les parlementaires n'ont surtout pas apprécié que le chef du Département fédéral de justice et police (DFJP) ait menti au Conseil des Etats en affirmant qu'il n'avait jamais traité les deux Albanais de criminels mais seulement d'accusés.La commission attend de Christoph Blocher qu'il fasse preuve "d'une grande retenue dans les critiques qu'il pourrait être tenté d'exprimer à l'endroit de décisions judiciaires concernant les particuliers et qu'il veille à se garder de toute présentation des faits qui puisse apparaître partiale."Seul reproche écarté, celui d'avoir voulu influer sur l'issue de la votation du 24 septembre sur la révision de la loi sur l'asile.Revenant en détail sur l'affaire, le rapport critique les reproches faits à la Commission de recours en matière d'asile (CRA). Cette dernière avait acquis la conviction que de nombreux indices laissaient à penser que la procédure pénale engagée contre les deux personnes en Albanie l'avait été pour des motifs politiques."Il est donc inexact d'affirmer que la CRA a accordé l'asile à des 'criminels'". Et le rapport de préciser que, vu la décision rendue, toutes les autorités doivent considérer les deux Albanais comme des innocents bénéficiant du statut de réfugiés.Les critiques du conseiller fédéral à la justice sont jugées problématiques. Les reproches adressés à la CRA étaient partiaux, de nature à jeter le discrédit sur elle et à remettre en question la confiance dans les décisions qu'elle rend. /ATS
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