Calmy-Rey favorable à une candidature au Conseil de sécurité

BERNE - Micheline Calmy-Rey a critiqué l'unilatéralisme des Etats-Unis et la faiblesse de l'UE et de l'ONU. Elle a aussi regretté le manque d'influence de la Suisse dans le monde. Pour y remédier, elle n'exclut pas une candidature au Conseil de sécurité de l'ONU.Une telle démarche serait "fructueuse", car elle renforcerait "le poids et les compétences" du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), a déclaré la ministre des affaires étrangères à l'ouverture de la conférence annuelle des ambassadeurs à Berne. Cela conduirait aussi à la nécessité d'une "amélioration des capacités de décision" au sein de la Confédération.Pour la cheffe de la diplomatie suisse, la politique étrangère de la Suisse manque de visibilité. Elle est notamment limitée par "ses propres conditions cadres" - la non-appartenance à l'Union européenne -, son manque d'expérience dans le domaine multilatéral et son faible engagement militaire à l'étranger.Sur ce dernier point, toutefois, le DFAE et le Département fédéral de la défense (DDPS) ont récemment présenté au Conseil fédéral "une stratégie plus ambitieuse", révèle Mme Calmy-Rey."Un engagement militaire renforcé de la Suisse dans des opérations de maintien de la paix sert les objectifs d'une politique d'influence dans la mesure où il grossit notre poids dans les instances chargées de prendre des décision", affirme-t-elle.La ministre socialiste ne manque toutefois pas de souligner les récents succès remportés par la diplomatie helvétique, notamment la création du conseil des droits de l'homme et l'adoption d'un emblème additionnel pour le mouvement de la Croix-Rouge. "Nous avons fait ainsi la démonstration de nos capacités et de nos compétences à obtenir des résultats", affirme-t-elle.Plus généralement, Mme Calmy-Rey regrette que "la communauté internationale (soit) encore loin d'une communauté d'Etats régie par le droit". Les cas récents de l'Irak, du Liban ou encore du Soudan "sont plutôt exemplaires d'impuissances", en particulier de la part de l'ONU, déplore-t-elle.A l'inverse, "les Etats-Unis défendent leurs intérêts de façon claire et offensive, ce qui est loin d'être nouveau". Ce qui l'est, en revanche, c'est "l'unilatéralisme de la démarche et la simplicité des arguments, comme si ces derniers n'avaient pas vraiment d'importance", dénonce-t-elle. /ATS
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