Turquie-UE: l'UE juge l'offre d'Ankara insuffisante

BRUXELLES - La présidence finlandaise de l'Union européenne a douché l'espoir de la Turquie d'éviter une suspension partielle de ses négociations d'adhésion à l'UE. Elle a jugé insuffisante l'offre d'Ankara sur Chypre.Le Premier ministre finlandais Matti Vanhanen a clarifié les données du débat avant la réunion, lundi, des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Cinq, puis des dirigeants européens, jeudi et vendredi. Cela alors que l'UE attend toujours des précisions sur cette proposition qui a semé la confusion."La Turquie n'a pas respecté ses engagements", a-t-il expliqué. M. Vanhanen a rappelé que la Turquie s'était engagée à ouvrir tous ses ports et aéroports aux navires et aux avions en provenance de Chypre en signant le "protocole d'Ankara" étendant à ce nouveau pays membre les bénéfices de l'union douanière.Or, on est loin, très loin du compte avec l'ouverture, dans un premier temps, d'un seul port turc aux navires chypriotes, a résumé M. Vanhanen.L'exécutif européen a proposé de suspendre les négociations sur huit des 35 chapitres en discussion, les plus importants puisqu'ils concernent des dossiers comme l'agriculture, et de ne clôturer aucun chapitre tant que le protocole d'Ankara n'aura pas été entièrement mis en oeuvre par la Turquie.M. Vanhanen est intervenu dans le débat alors que l'Union européenne se déchirait sur la proposition de la Turquie. Celle-ci, présentée oralement à la Finlande et dont un texte informel circule à Bruxelles, prévoit d'ouvrir, sans le nommer, un grand port de mer pour les bateaux chypriotes grecs transportant uniquement des marchandises chypriotes grecques.La mise en oeuvre de ce processus prendrait un an et l'offre est liée à la conclusion dans le courant de 2007 d'un accord sur la réunification de l'île.Plusieurs Etats membres ont saisi la balle au bond, comme la Grande-Bretagne, alliée traditionnelle de la Turquie: pour eux, l'offre turque est "courageuse" et doit être vue comme telle.Les autorités de Nicosie, qui craignent d'être isolées, ont elles brandi la menace d'un durcissement de leur position si ses partenaires faiblissent devant les manoeuvres turques.L'île dispose d'alliés, à commencer par la Grèce, mais aussi la France, qui a rappelé à ses partenaires que les obligations de la Turquie sont claires: elle doit appliquer avant la fin de l'année le protocole d'Ankara. /ATS
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