L'Irak dans l'incertitude après trois ans de guerre

BAGDAD - Trois ans après l'invasion de l'Irak par une coalition commandée par les Etats-Unis, les dirigeants du pays peinent à le doter d'institutions stables pour éviter le scénario d'une guerre civile. La violence a encore fait au moins 22 morts.Le pays aborde cette quatrième année de présence de forces étrangères, notamment américaines, sans perspective d'une fin des violences et au milieu de crispations confessionnelles qui font dire à certains responsables que l'Irak est déjà entré en guerre civile.Les tractations pour un gouvernement d'union nationale ont elles été suspendues pour une semaine après un accord de principe sur la création d'un Conseil national de sécurité chargé des questions stratégiques, a indiqué un négociateur kurde, Mahmoud Osmane.Celui-ci a fait état d'une persistance des désaccords sur ses prérogatives. "Certains demandent qu'il n'ait qu'un rôle consultatif", a-t-il précisé.L'idée selon lui est que les décisions de cette instance composée de 19 membres soient prises à la majorité des deux tiers. Le Conseil doit être formé de 9 membres de l'Alliance unifiée irakienne, le bloc parlementaire chiite majoritaire, 4 de l'Alliance kurde, 3 du Front de la Concorde (sunnite), 2 de la Liste nationale irakienne de l'ex-Premier ministre Iyad Allaoui et un du groupe du sunnite Saleh Motlaq.Le chef de l'Etat, le Premier ministre, le président du Parlement, avec chacun leurs deux adjoints, font partie des 19 membres. Ce Conseil, bien qu'il ne soit pas prévu par la Constitution, est perçu comme un moyen de faciliter la formation d'un gouvernement d'union nationale.Ce progrès n'a pas empêché M. Allaoui de reparler de guerre civile, même si cette perspective a été écartée par le président Jalal Talabani et de hauts responsables américains et britanniques."Il n'y a aucune institution pour protéger la population, il y a une purification ethnique en cours ici et là dans le pays, et cela est en fait du niveau de la guerre civile", a affirmé M. Allaoui à la chaîne américaine NBC."Nous devons avoir suffisamment de courage pour le dire", a ajouté M. Allaoui. "L'économie est presque au point mort, les services se détériorent, le sectarisme gagne et les milices contrôlent plusieurs quartiers de Bagdad". /ATS
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