Liban: Nasrallah veut faire tomber le gouvernement

BEYROUTH - Le chef du Hezbollah chiite, Hassan Nasrallah, a demandé à ses partisans de se "tenir prêts" à manifester pour faire tomber le gouvernement de Fouad Siniora. Il exige un cabinet d'union ou des élections anticipées pour sortir le Liban de la crise."Il y a deux solutions pour sortir de la crise: soit la formation d'un gouvernement d'union auquel participeront toutes les forces politiques, soit des élections législatives anticipées", a déclaré cheikh Nasrallah, lors d'un discours diffusé par la chaîne du Parti de Dieu, Al-Manar."L'option d'un gouvernement d'union nationale est toujours possible", a estimé le chef du Hezbollah, soutenu par Damas et Téhéran.Le Liban est plongé dans une grave crise politique, exacerbée depuis la démission il y a une semaine de six ministres prosyriens, dont cinq chiites des mouvements Hezbollah et Amal. Ces derniers réclament une plus grande participation au gouvernement de coalition dominé par la majorité antisyrienne."Nous ne pouvons pas faire confiance à ce gouvernement parce qu'il répond aux décisions et aux desiderata de l'administration américaine", a ajouté le chef du parti chiite, qui s'exprimait samedi soir devant des sympathisants. Cheikh Nasrallah a appelé ses partisans à se "tenir prêts" à manifester afin de précipiter la chute du gouvernement qu'il a jugé "illégitime".Il a assuré que les manifestations seraient "pacifiques et civilisées" et que les étapes suivantes comme "les grèves et la désobéissance civile" seraient décidées avec tous les alliés du Hezbollah, qui forment l'opposition.La décision du gouvernement à majorité pro-occidentale d'adopter, en dépit de ces démissions, le projet onusien de tribunal spécial pour le Liban, a encore aggravé la crise. Les six démissions sont liées à la mise sur pied de cette nouvelle instance.Ce tribunal devra juger des auteurs présumés de l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, tué le 14 février 2005 dans un attentat spectaculaire à Beyrouth avec 22 autres personnes, au moment où la Syrie exerçait une tutelle sur le Liban. Damas a été contrainte de retirer ses troupes du Liban deux mois plus tard.Une commission d'enquête de l'ONU avait mis en cause, dans des rapports d'étape, des responsables syriens et libanais dans l'assassinat de Hariri. La Syrie a nié toute implication. /ATS
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