Le ministre libanais Pierre Gemayel assassiné près de Beyrouth

BEYROUTH - Le député et ministre de l'Industrie, Pierre Gemayel, issu d'une des grandes familles maronites qui ont façonné l'histoire contemporaine du Liban, a été abattu à bout portant mardi près de Beyrouth. L'ONU a aussitôt condamné l'assassinat. Les obsèques auront lieu jeudi.Quelques heures après l'assassinat, le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé le projet de création d'un tribunal international devant juger les assassins présumés de l'ex-premier ministre libanais Rafic Hariri. Un projet à l'origine de profondes divisions entre pro- et antisyriens au Liban. Il a aussi "condamné sans équivoque" l'assassinat de Pierre Gemayel, qualifiant ce dernier de "symbole de l'indépendance politique du Liban".La Syrie, dont certains responsables auraient été impliqués dans le meurtre de M. Hariri selon le rapport d'étape d'une commission d'enquête de l'ONU, a de nouveau été montrée du doigt dans l'attentat perpétré mardi. Le chef de la majorité parlementaire antisyrienne, Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, a immédiatement accusé Damas de vouloir "tuer tout homme libre" au Liban. La Syrie a pour sa part condamné un "crime qui vise à déstabiliser le Liban".Agé de 34 ans, marié et père de deux fils, M. Gemayel a été abattu à bout portant alors qu'il était au volant de sa voiture sur la route de Jdeideh, a indiqué un témoin. Trois hommes ont d'abord immobilisé sa voiture avant de faire feu, l'atteignant à la tête, a-t-il ajouté. Un photographe de l'AFP a compté 14 impacts de balles. Un garde du corps a aussi été tué.Les obsèques du ministre auront lieu jeudi à 12h00 suisses en la cathédrale Saint-Georges des Maronites, dans le centre de Beyrouth. Un deuil national de trois jours sera observé à partir de mercredi.L'armée libanaise s'est déployée en force dans la capitale, alors que les proches de la victime se ruaient à l'hôpital, criant leur colère. La population a été prise d'un mouvement de panique et les rues de Beyrouth ont connu des embouteillages monstres.Cet assassinat intervient alors que le Liban est plongé dans une grave crise politique, exacerbée par la démission de six ministres pro-syriens, dont cinq chiites du Hezbollah et d'Amal, deux partis soutenus par Damas, qui réclament un gouvernement d'union nationale. /ATS
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