Irak: les dirigeants rejettent le propos de Moubarak

BAGDAD - Des propos du président égyptien Hosni Moubarak sur une guerre civile en Irak, où les attaques antichiites ont fait une centaine de morts en trois jours, ont sucité des critiques à Bagdad. Les dirigeants irakiens se sont unis pour les rejeter.Le président kurde, Jalal Talabani, Ibrahim Jaafari, un chiite et le chef sunnite temporaire du Parlement, Adnane Pachachi, se sont associés pour dire leur étonnement et leur désapprobation du discours de Hosni Moubarak."Cette déclaration a suscité le mécontentement de notre peuple toutes appartenances confessionnelles, ethniques et politiques confondues et provoqué l'étonnement du gouvernement irakien", ont-ils souligné."Nous avons été étonnés de voir les problèmes de sécurité en Irak qualifiés de guerre civile alors que notre peuple est loin d'une guerre confessionnelle", ont ajouté les trois "présidents".M. Moubarak a estimé dans une interview diffusée samedi par la chaîne satellitaire Al-Arabiya que l'Irak était en proie à une guerre civile. Il a aussi affirmé que l'Iran exerçait une grande influence sur les populations chiites dans le monde arabe.La présidence égyptienne a modéré dimanche ses propos. Elle a souligné que ses déclarations reflétaient sa "grande inquiétude face à la dégradation de la situation et son attachement à l'unité de l'Irak".Réagissant au discours de M. Moubarak, le ministre britannique des affaires étrangères Jack Straw a lui aussi écarté l'idée selon laquelle l'Irak serait en état de guerre civile. Il a toutefois reconnu "un carnage terrible" et "de nombreux massacres" à travers le pays.Le dernier bilan du triple attentat suicide contre une mosquée chiite vendredi à Bagdad a atteint 90 morts et 175 blessés, ce qui en fait l'attaque la plus sanglante depuis le début de l'année. Samedi, attentat près de mausolées chiites à Moussayeb, au sud de Bagdad, a tué six personnes et en a blessé 21 autres.L'armée américaine a en outre indiqué avoir tué dimanche à l'aube huit rebelles au nord de Bagdad et annoncé la mort d'un de ses soldats. Trois civils ont aussi péri dans des attaques, selon des sources de sécurité irakiennes.Pour Londres et Washington, le risque de guerre civile en Irak rend plus urgent que jamais la création d'un gouvernement représentant les différentes tendances de la société irakienne. /ATS
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