France: Lionel Jospin de retour devant des socialistes divisés

LA ROCHELLE - A l'approche de l'investiture pour la présidentielle, l'ex-premier ministre français Lionel Jospin a fait un retour très attendu devant les militants socialistes réunis à La Rochelle. Il a d'emblée égratigné la reine des sondages, Ségolène Royal.Dans le cadre de l'"université d'été" du parti, M. Jospin a débattu avec de jeunes socialistes pour la première fois depuis son retrait de la vie politique après sa cuisante défaite à la présidentielle de 2002. Il avait alors été devancé au premier tour par le chef de l'extrême droite Jean-Marie Le Pen.Dans un climat de rivalités exacerbé entre "candidats à la candidature", M. Jospin, 69 ans, a critiqué la méthode de Ségolène Royal, 52 ans."Notre démocratie reste une démocratie représentative. Bien sûr, il faut utiliser les techniques nouvelles et ce que d'aucuns appellent l'interactivité, la relation directe entre la société civile et les lieux de pouvoir. Mais les tuyaux ne donnent pas le contenu", a déclaré M. Jospin, sans citer nommément Mme Royal qui prône une "démocratie participative"."La technique ne remplace pas la politique. Il faut avoir des idées, des convictions, exposer les enjeux, dire quelles sont nos décisions demain et quels seront nos actes", a-t-il ajouté, en faisant encore allusion à Mme Royal et à son programme jugé flou par ses détracteurs. La députée était absente des débats de samedi.M. Jospin a aussi estimé que les socialistes auraient dû mieux défendre le bilan de la "gauche plurielle" au pouvoir entre 1997 et 2002. Ils devraient s'en inspirer pour remporter la prochaine présidentielle.Hostile à une éventuelle candidature de Mme Royal, M. Jospin est tenté de se porter candidat à l'investiture socialiste. La date limite du dépôt des candidatures a été fixée au 3 octobre et les 220'000 militants du PS doivent élire leur candidat en novembre.Les sympathisants de gauche ne se sont jusqu'ici guère montrés enthousiastes à l'idée d'un retour de M. Jospin, si l'on en croit les sondages.L'ancien premier ministre a rencontré vendredi soir à huis clos quelque 250 partisans. Il a affirmé, selon des participants, n'avoir "pas pris de décision" au sujet d'une candidature.Mme Royal a vu vendredi, à l'ouverture de la réunion, son discours boudé par les poids lourds du parti, candidats déclarés ou supposés à l'investiture. /ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.