France: le CPE définitivement adopté - doute dans la majorité

PARIS - Le parlement français a définitivement adopté le projet de loi sur l'égalité des chances, qui instaure notamment le contesté "contrat première embauche" (CPE). Et ce malgré l'apparition de failles dans la majorité de droite.Après les députés la veille, les sénateurs ont entériné par 178 voix contre 127 ce texte dans sa version mise au point mardi soir par une commission mixte paritaire Assemblée-Sénat. Le groupe UMP et quelques non-inscrits de droite ont voté pour. Socialistes, communistes, UDF (centristes) et Verts ont voté contre.Le projet de loi est donc définitivement adopté par le Parlement. Il entrera en vigueur "dans un mois", affirme jeudi le ministre délégué à l'emploi Gérard Larcher dans "Le Figaro". Les groupes socialistes de l'Assemblée et du Sénat ont toutefois annoncé mercredi qu'ils allaient saisir le Conseil constitutionnel.A un peu plus d'un an des élections présidentielle et législatives, le bras de fer autour du CPE a toutefois suscité des doutes au sein même de la majorité. Mercredi soir, plusieurs élus UMP se sont abstenus lors du vote à l'Assemblée nationale, dont l'ancien ministre des affaires étrangères Hervé de Charette et le chef de file des "souverainistes" à l'UMP Nicolas Dupont-Aignan."Le CPE, c'est un échec qui peut, si le gouvernement s'obstinait, nous coûter l'élection présidentielle", a fait valoir M. de Charette jeudi dans "Le Parisien". "Devant les tensions et les incompréhensions qui s'expriment dans toute la société (...) il faut suspendre le projet du CPE" et ouvrir un dialogue avec les jeunes, les partenaires sociaux et les groupes parlementaires.L'ancien ministre UMP de l'Industrie Patrick Devedjian a pour sa part souhaité mercredi que le gouvernement "ajuste" sa copie, car, a-t-il estimé, le mouvement contre le CPE "va continuer".Le CPE est un nouveau contrat de travail réservé aux moins de 26 ans et assorti d'une période d'essai de deux ans pendant laquelle l'employeur peut licencier le salarié sans motif. Le gouvernement en attend une réduction du chômage des jeunes mais opposition, syndicats, organisations étudiantes et lycéennes n'y voient qu'une précarisation accrue de l'emploi.Le ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo a lui-même paru ne défendre que du bout des lèvres le CPE, sur lequel il a admis avoir eu des doutes. /ATS
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