France: l'Assemblée vote la prolongation de l'état d'urgence

PARIS - Les députés français ont voté la prolongation pour trois mois de l'état d'urgence voulue par le gouvernement face à la crise des banlieues. Cette mesure a été critiquée par l'opposition, alors que les violences ont connu une nouvelle baisse. Le projet de loi a été adopté par 346 voix contre 148. Les groupes UMP et UDF ont voté pour. Socialistes, communistes, Verts et radicaux de gauche ont rejeté ce texte de trois articles que le Sénat examinera mercredi et devrait adopter dans les mêmes termes. Il sera alors définitivement adopté par le Parlement. L'état d'urgence, instauré pour douze jours le 8 novembre en vertu d'une loi datant de 1955 et de la guerre d'Algérie, a principalement permis d'imposer des couvre-feux pour les mineurs dans une quarantaine de villes du pays. Le premier ministre Dominique de Villepin a justifié devant les députés la prolongation de l'état d'urgence par le fait que la situation restait "difficile dans un grand nombre de quartiers". De son côté, le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy a jugé cette prolongation "nécessaire" car "rien n'est encore définitivement acquis" malgré un "retour progressif au calme". Mais, a-t-il promis, l'état d'urgence "a été, est et sera appliqué avec discernement et mesure". Il a précisé que le projet de loi prévoit que si les conditions de l'état d'urgence "ne sont plus réunies ou justifiées", un décret en conseil des ministres "pourra y mettre fin avant que ne soit expirée la période de trois mois". Le ministre de l'intérieur a par ailleurs annoncé aux députés que dix procédures d'expulsions d'étrangers ayant participé aux émeutes des banlieues avaient été "engagées" mardi. Mais les socialistes se sont ouvertement désolidarisés du gouvernement en annonçant qu'ils voteraient contre la prolongation. "Ce n'est pas l'état d'urgence qui peut régler le problème", a estimé le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault. "On est en train (...) de donner les pleins pouvoirs au gouvernement", a-t-il assuré. Ce débat à l'Assemblée est intervenu alors que la police a fait état d'un retour à une situation "quasi-normale" sur le terrain. Signe de cet apaisement, Dominique de Villepin s'est rendu mardi matin à Aulnay-sous-Bois, une des villes de la banlieue parisienne les plus touchées par les émeutes qui ont éclaté le 27 octobre. /ATS
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