France: émeutes en province, premier mort et couvre-feu en vue

PARIS - Les violences urbaines en France ont pris un tour dramatique avec l'annonce du premier décès. Alors que la crise semble hors de contrôle, le premier ministre Dominique de Villepin a annoncé qu'un couvre-feu serait instauré partout où nécessaire. La onzième nuit d'émeutes a touché près de 300 communes dans tout le pays. 36 policiers ont été blessés, plus de 1400 voitures incendiées, et des dizaines d'entreprises et de bâtiments publics, dont des écoles et des commissariats attaqués ou brûlés. Ce bilan est le plus lourd depuis le début des violences embrasant les banlieues pauvres des grandes villes Intervenant en soirée sur la chaîne de télévision privée TF1, M. de Villepin a qualifié ces violences d'"inacceptables et inexcusables". Il a annoncé que le président Jacques Chirac avait convoqué un conseil des ministres exceptionnel mardi matin en vue de l'application d'un couvre-feu "partout où c'est nécessaire". Le député-maire du Raincy, une ville au nord de Paris, a d'ores et déjà annoncé avoir pris un arrêté de "couvre-feu exceptionnel". Selon le premier ministre, "des réseaux criminels organisés appuient les désordres" dans les banlieues mais ceux-ci sont aussi le fait de "jeunes en rupture sociale". Il a annoncé l'envoi dans les zones touchées de 1500 membres supplémentaires des forces de l'ordre sur les 8000 déjà engagés. Dominique de Villepin a également annoncé son intention d'augmenter les dispositifs d'aide en faveur des jeunes des quartiers sensibles. Il a notamment déclaré qu'il allait "restaurer" la contribution publique aux associations. Il a promis des mesures sur le terrain de l'éducation, et notamment la multiplication par trois des bourses aux jeunes des banlieues défavorisées. Enfin, il a annoncé "une mobilisation exceptionnelle" de l'Agence nationale pour l'emploi. Selon un sondage rendu public lundi, une très forte majorité de Français (71 %) jugent jusqu'ici que les solutions du gouvernement sur "la situation dans les banlieues" vont dans "le mauvais sens" La police a arrêté près de 400 personnes, dont des enfants de 12-13 ans. La situation a aussi pris une tournure tragique avec la mort annoncée d'un sexagénaire frappé vendredi par un jeune à Stains (banlieue nord de Paris). La province, avec en tête les villes de Marseille, Lille ou Toulouse, est désormais plus touchée que la banlieue parisienne. /ATS
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