Etats-Unis: Robert Gates tente le parler vrai sur l'Irak

WASHINGTON - Le futur secrétaire à la Défense américain Robert Gates a estimé que les Etats-Unis n'étaient pas en train de gagner la guerre en Irak. Il s'est prononcé contre une offensive contre l'Iran ou la Syrie qui conduirait à aggraver la situation en Irak.M. Gates, entendu par la commission des Forces armées du Sénat en vue de la confirmation de sa nomination, a tenté un équilibre délicat. Il s'est gardé de tout langage apaisant sur l'Irak tout en mettant en garde contre les conséquences d'un retrait qui laisserait le pays dans le chaos et déboucherait sur un conflit régional.Le successeur de Donald Rumsfeld s'est aussi dit d'accord, "pour le moment", avec le tableau dressé récemment par le chef d'état-major interarmées Peter Pace: "Nous ne sommes pas en train de gagner, mais nous ne sommes pas en train de perdre".Et le futur patron du Pentagone a dit toute son inquiétude sur le risque d'un "conflit régional", impliquant l'Iran, la Syrie, les pays sunnites de la région et la Turquie en cas de chaos irakien."Tous les sales types du Moyen-Orient sont impliqués en Irak", a-t-il dit, tout en reconnaissant que "la présence des forces américaines est brandie comme une provocation par ceux qui s'impliquent" dans les violences, qu'il a refusé de qualifier de guerre civile.Pour autant, le futur patron du Pentagone a indiqué qu'il plaiderait contre toute attaque contre la Syrie ou l'Iran, "sauf en cas de dernier recours absolu". Il a estimé qu'il serait utile d'entretenir des communications directes avec ces deux pays, tout en se montrant pessimiste sur les chances de succès d'un dialogue avec Téhéran."Les conséquences d'un conflit militaire en Iran pourraient être tout à fait dramatiques", a déclaré M. Gates. "Nous avons vu qu'une fois qu'une guerre est lancée, elle devient imprévisible".Il a toutefois estimé que les Etats-Unis devraient sans doute garder "longtemps" une présence militaire en Irak, quitte à ce que les effectifs soient "drastiquement inférieurs" à ce qu'ils sont aujourd'hui, autour de 140'000 hommes. /ATS
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