Disparition inéluctable de la banquise dans l'Arctique

TROMSOE - La disparition de la banquise dans l'Océan Arctique est inéluctable d'ici quelques décennies. Elle va apporter des bouleversements imprévisibles dans le Grand Nord, avertissent les scientifiques réunis en Norvège pour une conférence internationale."Le changement climatique dans l'Arctique n'est pas à venir. Il est là", a déclaré le chercheur canadien à l'université du Manitoba, David Barber, en prédisant qu'entre 2030 et 2050 la glace aura disparu pendant les mois d'été. "La dernière fois que quelque chose comme cela est arrivée, c'était il y a un million d'années. C'est un changement prodigieux", a-t-il ajouté.Réunis à Tromsoe pour cette conférence sur l'Arctique, les scientifiques ont présenté des données et des modèles scientifiques qui vont tous dans le même sens: fonte des glaces de mer (jusqu'à 70'000 km² par an), hausse marquée des températures depuis la fin des années 90, diminution du renouvellement de la banquise pendant l'hiver."Il est très probable que l'écologie de l'Arctique va changer de façon dramatique dans les prochaines décennies et ces changements se produisent dans un éco-système que nous connaissons encore très mal", a estimé le chercheur norvégien de l'université de Bergen Richard Bellerby.La fonte progressive de la glace est observée dans toutes les régions arctiques. "Nous constatons un changement catastrophique dans la banquise de la section pacifique de l'Océan Arctique", a indiqué l'Américaine Jackie Grebmeier, professeur à l'Université du Tennessee. "Alors que la glace rétrocède, cela peut avoir un effet en chaîne très rapide... et les ramifications peuvent être exponentielles", a-t-elle ajouté.Selon le directeur de la section norvégienne du Fonds mondial pour la nature (WWF), Rasmus Hansson, ce changement qui "intervient si incroyablement rapidement, est totalement imprévisible". L'une des conséquences du réchauffement de l'Arctique déjà visible est que les bancs de poissons des mers froides comme la morue remontent vers le nord.Selon certains participants de cette conférence, les changements dans cet univers pourraient pourtant avoir un effet bénéfique. Un peu comme le canari dans la mine prévient du danger imminent. "L'Arctique est un premier système d'alerte, estime David Barber. Cela peut aider les gens à comprendre ce qui se passe". /ATS
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