De Villepin inflexible face à la pression de la rue

PARIS - Dominique de Villepin a franchi un cran dans l'épreuve de force qui l'oppose aux anti-CPE. Il exclu fermement toute "dénaturation" du contrat première embauche, notamment une justification formelle de la rupture du contrat."Sur cette loi, il y a trois choses qui sont impossibles: la première c'est le retrait, parce que cela voudrait dire que nous capitulons devant la logique des ultimatums et des préalables", a déclaré le Premier ministre au soir d'une nouvelle journée de mobilisation des étudiants et des lycéens contre le CPE."La deuxième, c'est la suspension: tout simplement parce que cela est contraire à la Constitution. Le troisième, c'est la dénaturation du projet: parce que perdre l'équilibre du projet, ce serait se priver de toute chance de réussite", a-t-il souligné lors d'un discours devant les parlementaires UMP à Matignon.Dominique de Villepin a estimé qu'instituer une motivation pour le licenciement dans le cadre du CPE serait tomber dans un formalisme juridique". S'agissant de la période d'essai de deux ans, autre point contesté, le chef du gouvernement a précisé que les partenaires sociaux auraient "toute liberté pour réduire cette période, dans les branches où cela serait le plus pertinent".Le CPE est un contrat réservé au moins de 26 ans et assorti d'une période d'essai de deux ans durant laquelle l'employeur est libre de licencier sans motif.Environ 40'000 étudiants et lycéens ont manifesté en France pour exiger le retrait du CPE. A Paris, où ils étaient environ 5000 selon la police, de 7000 à 15'000 selon les organisateurs, des heurts ont éclaté, après la dispersion de la manifestation, entre des casseurs et les forces de l'ordre dans le quartier de la Sorbonne.Ces défilés ont sonné comme un nouveau rappel à l'ordre de la rue avant l'offensive syndicale du 28 mars, date à laquelle les salariés du public et du privé sont appelés à la grève.Les appels à la grève se sont multipliés: la Fédération syndicale unitaire et l'Union générale des fédérations de fonctionnaires-CGT ont déposé un préavis, la Fédération des conseils de parents d'élèves prône une journée "école morte", six syndicats de La Poste appellent à des arrêts de travail, notamment.Soixante-sept universités sur 84 étaient toujours bloquées ou perturbées, selon l'Unef. Le ministère de l'Education nationale fait état de 15 universités bloquées et 41 perturbées. /ATS
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