Cavaco Silva est élu président de justesse au premier tour

LISBONNE - L'ancien premier ministre Anibal Cavaco Silva a été élu président du Portugal dimanche. Il a remporté le scrutin de justesse au premier tour et devient le premier chef d'Etat portugais de droite depuis la Révolution des Oeillets, en 1974.Cavaco Silva a obtenu 50,59% des suffrages, selon les résultats presque définitifs de la commission électorale. Le député socialiste Manuel Alegre, vice-président du parlement et candidat dissident, a recueilli 20,72% des voix et l'ancien président Mario Soares, 81 ans, candidat officiel du Parti socialiste, 14,34% des suffrages."Les résultats sont contraires à mes espoirs. J'accepte cette défaite avec le sentiment du devoir accompli et fair play démocratique", a déclaré M. Soares lors d'un rassemblement retransmis à la télévision.Cavaco Silva a affirmé après l'annonce de sa victoire qu'il "veut être et sera le président de tous les Portugais". Il avait fait figure de favori pendant toute la campagne, avec des promesse de relance de l'économie et de lutte contre le chômage.Sa victoire constitue un nouveau revers pour les socialistes du premier ministre Jose Socrates, élu l'an dernier. Ils avaient déjà essuyé une cinglante défaite aux élections municipales d'octobre après l'introduction de strictes mesures d'austérité et de relèvements fiscaux par le premier ministre, soucieux de réduire le plus fort déficit budgétaire de la zone euro.Austère professeur d'économie, libéral, âgé de 66 ans, appuyé par le Parti social-démocrate et la droite, Cavaco Silva devra cohabiter avec José Socrates. au pouvoir depuis mars après des élections législatives qui avaient donné la majorité absolue au PS.Celui-ci a indiqué après l'annonce des résultats que, "dans le respect de la constitution, je manifeste mon entière disponibilité pour collaborer avec le présidence de la République".Les Portugais, nombreux à se rendre aux urnes, avec 62,60% de participation, ont fait confiance à Cavaco Silva qui était à la tête du gouvernement quand le pays a adhéré en 1986 à la Communauté économique européenne (aujourd'hui Union européenne). A ce titre, il avait bénéficié des fonds européens qui permirent une amélioration très sensible des conditions de vie.Selon les études d'opinion publiées avant le scrutin, les électeurs comptent sur lui pour les tirer de l'actuelle crise économique et réduire le chômage en augmentation constante à 7,7% de la population active.Le président de la République n'a que des pouvoirs exécutifs limités. Mais Cavaco Silva avait affirmé au cours de la campagne que du scrutin dépendait "l'avenir du pays pour cinq, dix ou quinze ans". Dramatisant volontiers la situation du pays, il avait promis aux électeurs de "faire de leurs rêves une réalité".Le chef de l'Etat, commandant suprême des forces armées, nomme le Premier ministre et peut dissoudre l'Assemblée mais il peut surtout exercer une influence importante dans les grands débats de société.Ses adversaires de gauche, qui le qualifient "d'autoritaire" et "arrogant", avaient alerté les électeurs sur la possibilité d'une crise institutionnelle en cas d'élection de Cavaco Silva. Ils avaient affirmé qu'il serait tenté d'être "un deuxième premier ministre" au lieu de se cantonner à ses fonctions présidentielles.Cavaco Silva s'en était défendu, en affirmant qu'il serait "le président du dialogue" et qu'il aiderait le chef du gouvernement à sortir le pays de la crise. Pour sa part, José Socrates avait pris les devants en affirmant qu'une victoire du candidat de centre-droit ne modifierait pas sa politique économique. /ATS
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