Bush épargne la prison à Lewis Libby, l'ex-bras droit de Cheney

George W. Bush a décidé lundi, au risque de provoquer une tempête politique à Washington, de gracier partiellement l'ancien bras droit du vice-président Dick Cheney, Lewis Libby. Le président lui évite ainsi deux ans et demi de prison dans une affaire liée à l'invasion de l'Irak."Je respecte le verdict du jury, mais je suis arrivé à la conclusion que la peine de prison infligée à M. Libby est excessive", a dit M. Bush dans un communiqué. "C'est pourquoi je commue la partie de la peine de M. Libby qui exige qu'il passe trente mois en prison", a-t-il dit. En revanche, l'amende de 250'000 dollars et la mise à l'épreuve durant deux ans infligées à M. Libby restent en vigueur.M. Bush a annoncé cette décision après qu'une Cour d'appel fédérale eut refusé de suspendre, le temps de l'examen de l'appel, l'application de la peine infligée à M. Libby pour avoir menti à la justice. "Le vice-président (Cheney) soutient la décision du président (Bush)", a indiqué une porte-parole de la vice-présidence, Megan McGinn.Cette décision a été en revanche aussitôt condamnée par les responsables démocrates au Congrès. "Cette décision est scandaleuse", a estimé Harry Reid chef de la majorité démocrate au Sénat. Si M. Bush n'était pas intervenu, M. Libby, ancien chef de cabinet de M. Cheney, aurait dû commencer à purger sa peine dans les prochaines semaines.Avec cette décision, le président américain n'hésite pas à prendre l'opinion à rebrousse-poil. Un sondage diffusé sur CNN après la décision du président indique que 72% des Américains étaient opposés à toute mesure de grâce à l'égard de M. Libby.Lewis Libby, 56 ans, a été reconnu coupable en mars d'obstruction à la justice, faux témoignage et parjure, et condamné le 5 juin à deux ans et demi de prison et 250'000 dollars d'amende. Il a fait appel de ces deux décisions il y a une dizaine de jours.L'affaire remonte à juillet 2003, quand la presse a révélé que Valerie Plame, l'épouse d'un diplomate qui accusait l'administration Bush d'avoir exagéré la menace irakienne, était un agent de la CIA. Une telle révélation est un crime fédéral. Avant d'être rendue publique, l'identité de Mme Plame a circulé pendant des semaines entre des responsables de la Maison Blanche et des journalistes. /ATS
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