Attaque cérébrale d'Ariel Sharon: perspectives de paix compromises

JÉRUSALEM - Placé sous assistance respiratoire, Ariel Sharon lutte contre la mort. L'hémorragie cérébrale dont a été victime le premier ministre israélien a nécessité une longue intervention et bouleverse la donne politique en Israël et dans la région. Les neurochirurgiens de l'hôpital Hadassah de Jérusalem, où le chef du gouvernement a été opéré pendant plus de sept heures, ont déclaré en fin de journée qu'ils étaient parvenus à stopper l'hémorragie. Ses signes vitaux sont "stables", mais M. Sharon, 78 ans le mois prochain, est dans un état "critique". Le directeur de l'hôpital où le chef du gouvernement a été admis en urgence mercredi soir, a précisé qu'il serait maintenu dans un coma artificiel pendant 24 heures. Cette mesure doit permettre de maintenir une faible pression dans la boîte crânienne. Les spécialistes s'accordent à dire qu'il est improbable que M. Sharon, déjà victime d'un accident vasculaire cérébral bénin en décembre, s'en sorte sans séquelles, notamment des paralysies. A la suite de l'annonce de la nouvelle hospitalisation du premier ministre, les chancelleries - de Washington à Londres en passant par Paris - ont exprimé leur inquiétude. La Suisse, par la voix du président de la Confédération Moritz Leuenberger, a également fait part de ses préoccupations. Les habitants des camps palestiniens au Liban ont eux exprimé leur joie de savoir le premier ministre israélien entre la vie et la mort. Alors que les Israéliens étaient à l'affût de la moindre information sur l'état de santé de l'ancien général, les experts envisagent déjà le futur. "Avec toute la prudence nécessaire, il semble que l'ère de Sharon soit parvenue à une fin tragique", écrivait Aluf Ben, correspondant diplomatique du journal "Haaretz". En cas de décès ou d'incapacité de M. Sharon, la victoire annoncée de sa nouvelle formation, Kadima, aux législatives du 28 mars deviendrait plus incertaine. Le vice-premier ministre Ehud Olmert - qui tient désormais les rênes du pays - est considéré comme l'un des papables à l'instar de Tzipi Livni, ministre de la justice, ou de Shaul Mofaz, ministre de la défense. Mais aucun n'a l'envergure du "Bulldozer" qui, aux yeux d'une partie importante de l'opinion publique israélienne, est le seul dirigeant susceptible d'apporter "la paix dans la sécurité" au Proche-Orient. /ATS
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