4000 sympathisans aux funérailles de Pinochet

SANTIAGO - L'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet a reçu les honneurs militaires en présence de sa famille et de 4000 sympathisants lors d'une cérémonie de funérailles. La seule représentante de l'Etat, la ministre de la Défense, a été copieusement sifflée.Les obsèques, retransmises en direct à la télévision nationale, ont commencé avec l'arrivée du cercueil, porté par quatre cadets et recouvert du drapeau chilien, avant une messe solennelle dans la cour de l'Académie militaire à Santiago. Six orateurs ont pris la parole.Le chef de l'armée, le général Oscar Izurieta, a déclaré qu'il "fallait laisser à l'histoire le soin de faire un examen objectif et juste" des années Pinochet. Il a ajouté que ce n'était pas à lui de faire une évaluation du régime militaire.Avant la cérémonie, le général avait laissé entendre que Pinochet n'aurait pas reçu de tels honneurs si la justice, qui l'avait inculpé de plusieurs violations des droits de l'homme, avait eu le temps de condamner l'ancien dictateur.Pinochet, décédé dimanche à 91 ans, a reçu un hommage militaire en tant qu'ancien chef des forces armées, poste qu'il conserva après la fin de la dictature (1990) jusqu'en 1998.La présidente socialiste Michelle Bachelet a en revanche refusé d'organiser les funérailles nationales prévues pour les anciens chefs d'Etat. Mme Bachelet, elle-même détenue et torturée dans le centre clandestin Villa Grimaldi en 1975, est la fille d'un général d'aviation proche d'Allende, mort des suites de tortures infligées par le régime Pinochet.Les partisans de l'ex-dictateur se sont mobilisés depuis l'annonce de sa mort. Quelque 60 000 personnes ont défilé lundi toute la journée et toute la nuit devant la dépouille du général en retraite, revêtu de son uniforme d'apparat et exposée dans un cercueil vitré à l'Académie militaire.La ministre de la Défense Vivianne Blanlot, qui représentait le gouvernement socialiste, a été copieusement sifflée à son arrivée par des partisans de Pinochet qui lui ont crié de partir. Elle n'a pas salué la famille et ne portait pas le deuil.Les organisations de droits de l'homme ont rappelé les 3000 morts et disparus de la dictature et les 30'000 personnes torturées par son régime. Les partisans du général préfèrent mettre en avant le "miracle économique chilien" dont ils lui attribuent le mérite. /ATS
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