Swisscom critique le Conseil fédéral, mais se plie à ses exigences

BERNE - Swisscom va élaborer une nouvelle stratégie en phase avec les volontés du Conseil fédéral. Mais le géant bleu n'adhère pas au veto concernant les investissements à l'étranger. La communication du gouvernement dans ce dossier est fortement critiquée. "La controverse de ces derniers jours" a suscité "de graves inquiétudes parmi les actionnaires, les clients et les collaborateurs", a déploré le président du conseil d'administration de Swisscom Markus Rauh lundi. Il réagissait pour la première fois officiellement au "non" du Conseil fédéral à tout achat d'envergure à l'étranger tant que l'Etat est majoritaire. "Je suis surpris et consterné que le Conseil fédéral, qui a encaissé plus de 10 milliards de francs ces dernières années avec Swisscom, ait considéré Swisscom comme un fardeau du jour au lendemain", a déclaré M. Rauh. Les négociations en vue d'un rachat de l'irlandais Eircom ont été interrompues, une décision qui aura un coût, selon le groupe. Les arguments du Conseil fédéral démontrent un manque de qualification et de connaissance du sujet, a estimé M. Alder. Cette décision est un acte politique, selon lui. Pour poursuivre sa croissance, Swisscom a besoin d'investir à l'étranger, a expliqué son patron. Des acquisitions substantielles sont nécessaires pour assurer les activités en Suisse et compenser leurs pertes. A Berne, Christoph Blocher a défendu la décision du Conseil fédéral. "Le gouvernement a pris la bonne décision, reste à savoir si c'est au bon moment", a dit le conseiller fédéral face aux médias. Swisscom peut être comparée à Swissair: les deux entreprises disposent de beaucoup de moyens résultant d'un ancien monopole. L'opérateur ne peut plus croître en Suisse et cherche à s'étendre à l'étranger, mais il vise des entreprises qui ne peuvent plus croître dans leur pays, selon le chef du Département fédéral de justice et police. Le chef du DETEC Moritz Leuenberger et celui des Finances Hans-Rudolf Merz sont les seuls interlocuteurs dans ce dossier, a tenu à répondre M. Rauh. La communication entre le gouvernement et Swisscom doit être clairement définie, selon lui. Les commissions parlementaires de gestion ont agendé la question à leur séance de mercredi. Swisscom attend que Berne formule de nouveaux objectifs pour 2006-2009 avant d'établir sa stratégie. Les grandes lignes seront sous toit d'ici le 21 décembre. /ATS
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