Les hausses du prix des carburants sans effet sur les Suisses

ZURICH - Les prix élevés de l'essence et du diesel n'ont que peu contribué à changer le comportement des automobilistes suisses l'an passé. La consommation de carburant a même augmenté au regard de 2004. Les ventes de voitures ont en revanche poursuivi leur recul. Si en 2005 les ventes d'essence ont fléchi entre 2 et 3 %, selon des chiffres provisoires de l'association faîtière Union pétrolière (UP), celles de diesel ont crû entre 7 et 8 %. Additionnés, ces chiffres laissent apparaître une légère augmentation de la consommation de carburant, a précisé vendredi Rolf Hartl, directeur de l'UP. Les prix des carburants, qui ont augmenté de manière constante entre janvier et octobre 2005, n'ont également que marginalement influencé le comportement des Suisses en matière de mobilité, du moins à court terme. Reste que cette évolution devrait continuer de favoriser les ventes de véhicules disposant d'un moteur diesel, moins gourmand. En Allemagne, les automobilistes ont affiché une plus grande sensibilité aux hausses de prix des carburants, les ventes outre-Rhin ayant diminué de 6 % l'an passé. Mais ces chiffres sont faussés par le fait que nombre d'Allemands vivant dans des régions frontalières ont rempli le réservoir de leur véhicule à l'étranger, a poursuivi M. Hartl. Ce tourisme du "plein d'essence" a un effet inverse en Suisse, puisqu'il a contribué en partie à la robustesse des ventes. L'essence est nettement moins chère en Suisse que dans les pays voisins. Si 2005 a souri aux distributeurs de carburants, les garagistes ont eux vécu la "pire année depuis longtemps", a noté Andreas Burgener, président de l'Association suisse des importateurs automobiles. De janvier à novembre, les ventes ont ainsi baissé de 3,6 % par rapport à 2004. L'an passé pourrait bien représenter le pire exercice de ces 25 dernières années. Au-delà des hausses du prix de l'essence, qui ont choqué les consommateurs, les ventes de voitures ont souffert de leur appréciation de la situation conjoncturelle, a dit M. Burgener. La statistique annuelle des ventes devrait confirmer la tendance des consommateurs à choisir des voitures plus économes en carburant. Le segment des voitures diesel affiche une croissance depuis quelque temps déjà, cette catégorie représentant désormais pas loin de 30 % du total des nouvelles immatriculations. /ATS
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